Encore une tromperie sur les performances du chauffage électrique en France

Le chauffage électrique encourage la production électrique hivernale à base d’énergies fossiles, photo Frédéric Douard

Alors que les travaux sur la future Réglementation Environnementale 2020 dans les bâtiments neufs sont en cours, de très nombreux acteurs de l’énergie et du bâtiment, dont l’Association Française du Gaz, dénoncent la volonté des pouvoirs publics français de donner un avantage significatif aux solutions électriques peu performantes, au mépris des efforts d’efficacité énergétique attendus par ailleurs.

En abaissant artificiellement le coefficient d’énergie primaire de l’électricité et en proposant de modifier la méthode de calcul des émissions de carbone induites, les pouvoirs publics français s’attaquent, sans concertation véritable, à deux éléments majeurs de la politique énergétique du pays.

Pour justifier la baisse du coefficient d’énergie primaire, le tour de passe-passe consiste à s’appuyer, ni sur la valeur actuelle retenue par consensus et déjà inférieure à la réalité, ni sur la méthode européenne appuyée sur le mix 2020, mais sur une valeur prospective du mix énergétique 2035, date où hypothétiquement il n’y aurait plus que 50% de nucléaire en France.

En faisant « comme si la part du nucléaire avait déjà baissé », le nouveau coefficient d’énergie primaire, en nette baisse, permet le retour du convecteur électrique. Acter un tel retour en arrière c’est :

  • Augmenter la facture d’électricité des Français, au détour de la modification d’une norme très technique et sans annonce explicite. Un radiateur peu performant n’aura jamais l’efficacité énergétique des solutions développées ces dernières années.
  • Augmenter les besoins de puissance électrique en hiver, alors même que la production d’électricité « pilotable » va se restreindre.
  • Impacter toute une filière industrielle qui a pourtant largement investi ces dernières années dans des équipements efficaces énergétiquement.

Dans le même temps, les pouvoirs publics français proposent de revoir la méthode de calcul des émissions de CO₂ en réduisant artificiellement le facteur d’émission de près de 60 %. Là encore, les solutions électriques sont artificiellement favorisées.

Les acteurs français de l’énergie et du bâtiment appellent les pouvoirs publics à revenir à un projet de RE 2020 plus juste et plus équilibré et demandent concrètement de :

  • Revenir sur la baisse annoncée du coefficient d’énergie primaire en maintenant 2020 comme année de référence et non la date artificielle de 2035. Cette estimation sera actualisée tous les 4 ans comme le prévoit la méthode européenne.
  • Revenir sur la méthode de calcul des émissions de CO₂ annoncée, tout en prévoyant une révision tous les 4 ans.

Plus largement, les professionnels français des autres énergies demandent un changement de méthode dans la « consultation » actuellement en cours par une plus grande écoute de la part des pouvoirs publics.

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