Electricité à partir d’huile de pourghère au Mali

Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Tiémoko Sangaré, a posé, samedi à Kébila, la première pierre d’une centrale électrique qui fonctionnera au biocarburant. Kébila est une commune rurale du cercle de Kolondiéba. L’inauguration de la centrale est prévue pour février 2011. Sa construction coûtera 180 millions de Fcfa.

L’installation qui sera alimentée avec de l’huile de pourghère, est financée par l’Ong Malifolkcenter et ses partenaires. Le président de  Malifolkcenter, Ibrahima Togola, a expliqué que la centrale ne fournira pas que de la lumière. Elle permettra aussi le développement local en facilitant la transformation des produits locaux. Sans compter que les paysans qui se lanceront dans la production du pourghère, bénéficieront d’un débouché sûr.

Déjà, la commune compte 84 hectares de pourghère. Mais cela ne suffit pas pour que le village accueille une unité d’extraction de l’huile du pourghère. Si Kébila veut recevoir cette unité de transformation, pourvoyeuse d’emplois locaux notamment, les habitants doivent planter au moins 1500 ha de la plante oléagineuse, a indiqué Ibrahima Togola. « Vous êtes en compétition avec d’autres localités », a-t-il averti. Les habitants des 31 villages de la commune de Kébila qui se sont engagés par la voix de leur maire à relever le défi.

La centrale électrique sera composée de 2 groupes capables de fournir de l’électricité à 150 familles en plus de l’administration. Pour s’abonner, chaque famille doit s’acquitter de 15.000 Fcfa. Le kwh coûtera 195 Fcfa. Ibrahima Togola a averti que ceux qui ne paieront pas leurs factures, se verront priver du service de l’électricité. « La pérennité de l’opération dépend du paiement des factures », a-t-il précisé.
Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement a lui aussi insisté sur l’importance du paiement des factures. Tiémoko Sangaré a relevé combien le projet de Malifolkcenter cadrait avec le programme d’électrification du gouvernement en direction des zones rurales.

Le ministre a encouragé les habitants de la commune de Kébila à se battre pour accueillir l’unité d’extraction de l’huile de pourghère : « vous réussirez à abriter cette unité en plantant le maximum d’arbres ». La transition était toute trouvée pour évoquer le programme spécial de reboisement que son département a lancé à l’occasion du cinquantenaire.

Dans son plaidoyer pour la participation de tous les citoyens au reboisement, Tiémoko Sangaré a demandé à chacun de planter son arbre du cinquantenaire. « En plus de cela, vous pouvez associer l’arbre à chacun de vos événements heureux. Celui qui se marie, peut planter un arbre en symbole de son union. Celui qui a un enfant peut planter un arbre en signe de son amour pour son bébé », a-t-il expliqué.

Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement a également mis en garde contre la coupe abusive du bois et les feux de brousse. Dans les cercles de Bougouni, Yanfolila et Kolondiéba, l’exploitation du bois d’œuvre est désormais interdite, a-t-il annoncé. « Toute personne qui se présentera à vous avec un papier dans ce sens, quelque soit la signature apposée sur le document, rejetez le. C’est du faux. Ce genre de permis n’est plus délivré », a-t-il assuré en demandant aux bergers d’éviter de mutiler les arbres pour nourrir leurs animaux.

D’après un communiqué officiel du gouvernement du Malin du 17 Août 2010