Europlasma à la croisée des chemins

Europlasma, groupe français créé en 1992, est la maison mère de la société CHO Power qui développe depuis de nombreuses années des projets de centrales d’énergie par gazéification de biomasse polluée. A Morcenx dans le département des Landes, après une longue phase de mise en service, CHO Power exploite une centrale de 11 MWé à partir de 55 000 tonnes par an de déchets de bois de déchetterie, de plaquettes forestières et de refus de criblage de compostage. La société porte également plusieurs autres projets, CHO Tiper, CHO Locminé, CHO Brocéliande, CHO Le Poher, CHO Rives de Moselle, qui mobilisent beaucoup de temps et d’investissements.

La centrale CHO Power de Morcenx, photo CHO Power

Le 11 janvier 2019, Europlasma, société cotée en bourse, a réuni son Conseil d’administration dans le cadre d’une procédure d’alerte initiée par ses commissaires aux comptes, afin de convoquer une assemblée générale ordinaire en vue de délibérer sur la situation de la société et la continuité de l’exploitation. Les besoins en financement du groupe nécessitaient l’apport de moyens financiers au cours du mois de décembre 2018. Bien que les contacts établis avec des investisseurs intéressés par la prise d’une participation significative dans Europlasma – par voie d’augmentation de capital – soient toujours en cours, cela ne s’est pas concrétisé en décembre. Il en est de même pour ce qui a trait aux autres moyens de financement qui étaient envisagés, aucune cession d’actifs n’ayant pu intervenir sur la période.

Par cession d’actifs, la société entend la vente de l’une ou l’autre des ses deux filiales, CHO Power pour la production d’énergie, ou Inertam, société qui exploite depuis 1992 une usine, également située à Morcenx, permettant de détruire l’amiante de manière définitive par vitrification.

Vitrification d’amiante à l’usine Inertam de Morcenx, photo Inertam

Compte tenu de la situation et de l’incapacité de la société à rembourser les porteurs d’obligations de l’emprunt de 6 M€ échu courant décembre 2018, des échanges sont intervenus tant avec ces derniers qu’avec le représentant de la masse obligataire afin notamment d’envisager un différé de la date de remboursement et ainsi éviter le défaut de paiement susceptible de placer Europlasma en état de cessation des paiements.

N’ayant pu trouver jusqu’à présent un accord sur des modalités aménagées de remboursement de la dette obligataire, le conseil d’administration et le management d’Europlasma se voient en conséquence dans l’obligation de mettre en oeuvre toutes mesures requises, y compris le cas échéant l’ouverture d’une procédure collective, en lien avec la juridiction consulaire compétente.

Frédéric Douard