Les marchands de fioul français favorables à une transition vers le chauffage au colza

Parcelle de colza, photo Frédéric Douard

Suite à l’annonce récente de la fin des chaudières à fioul par le premier ministre Edouard Philippe, la Fédération Française des Combustibles, Carburants & Chauffage (FF3C) a présenté un plan de transformation de son produit visant à terme une substitution progressive du fioul domestique fossile standard par un bioliquide renouvelable de type biodiesel qui serait produit à partir de colza français.

Alors que la fiscalité environnementale et ses implications sur le pouvoir d’achat des Français sont au cœur du projet de loi de finances 2019 actuellement en examen au Parlement, les industriels de la filière française du biodiesel soutiennent naturellement ces propositions alors que leur développement dans le secteur des transports est gelé par l’Europe.

A l’image de ce qui a été fait dans le secteur des transports, cette transformation pourrait effectivement être engagée de façon immédiate par l’incorporation dans le fioul domestique d’ester méthylique de colza français à hauteur de 10 % (F10) ou mieux de 30 % (F30). Son adoption par le consommateur permettrait de réduire un peu les émissions de CO2 du secteur du chauffage tout en anticipant la réduction de la teneur en soufre dans le fioul. En effet, la part fossile du F10 et du F30 sera ainsi désoufrée de 1000 ppm à l’heure actuelle à 50 ppm, anticipant l’évolution de la réglementation prévue en France à l’horizon 2024. Pour les professions concernées, elle devrait pour cela être encouragée par une fiscalité adaptée du F10 et du F30 dès 2019.

Le gouvernement prévoit d’ici 2023 la conversion au renouvelable d’un million de chaudières au fioul, soit un quart des quatre millions de chaudières au fioul en France. Le déploiement d’une offre F10 et F30 permettrait effectivement d’accompagner partiellement cette transition mais il ne faut pas oublier les autres alternatives immédiatement disponibles et d’ores et déjà à 100% renouvelables que constituent les solutions de chauffage central au bois en bûche avec accumulation, à plaquettes pour les puissances plus importantes, mais surtout à granulés, des solutions qui assurent quelque soit la puissance exactement le même confort que celui du fioul.

Citerne à granulés des Ets Guillemeau, disributeur de combustibles pétroliers et bois dans l’Yonne, photo Frédéric Douard

L’alternative bois devrait ainsi être mise en oeuvre dès maintenant beaucoup plus massivement par les professionnels Français des Combustibles, certains d’entre eux le faisant déjà depuis quelques années, car cette solution es d’ores et déjà plus économique que le fioul, car elle fonctionne aussi avec une combustible très majoritairement national, et surtout car c’est aujourd’hui de très loin la SOLUTION LA PLUS RENOUVELABLE , loin devant le F30, loin devant les pompes à chaleur aujourd’hui encore alimentées en France par une électricité à plus de 80 % non renouvelable, et loin devant le gaz naturel a fortiori !

Frédéric Douard