Précarité énergétique en France, le bois, énergie la moins chère pour se chauffer

Bien se chauffer et pour moins cher avec le bois, photo Supra

Dans un communiqué publié le 30 octobre 2018, le médiateur de l’énergie a présenté les premiers résultats du baromètre Energie-Info : « 15% des personnes interrogées ont déclaré avoir souffert du froid l’hiver dernier en France » (…) et « 30% des Français ont restreint leur consommation de chauffage afin de limiter leurs dépenses énergétiques ». En cause, comme le rappelle le communiqué du médiateur, la mauvaise isolation des logements, mais aussi la hausse des prix de l’électricité, du gaz et du fioul.

Les acteurs de la filière du chauffage au bois regroupés au sein du SER saisissent l’occasion de cette publication pour rappeler que l’énergie-bois est de loin la moins chère de France : 4 à 5 cts€ TTC /kWh pour le bois-bûche et le granulé de bois contre 9 à 15 pour le fioul, l’électricité et le propane (en juillet 2018). En outre, l’énergie-bois se démarque par la stabilité de son prix. En effet, le combustible bois n’est pas sujet aux fluctuations internationales comme le sont les prix des énergies fossiles, ni aux augmentations inévitables dues à des investissements massifs comme c’est la cas pour l’électricité, et la présence abondante de cette ressource renouvelable sur le territoire national en font une énergie bon marché.

Par ailleurs, le prix des énergies carbonées va continuer d’augmenter, notamment du fait de la taxe carbone, taxe environnementale sur les émissions de dioxyde de carbone, qui doit contribuer à l’atténuation du changement climatique et au respect des engagements de la France dans le cadre de la COP21.

Pour compenser les effets de cette taxe, le dispositif du chèque énergie, d’un montant de 150€ en 2018, a été mis en place pour aider les ménages les plus modestes à payer leurs factures de chauffage. Il atteindra 200€ en 2019. Cette aide peut servir avantageusement à acheter du combustible bois, granulé ou bûche, puisqu’avec cette somme la quantité d’énergie achetée sera plus grande.

La hausse programmée de la taxe carbone, indispensable à l’amélioration de la qualité de l’air et à la lutte contre la pollution, devra s’accompagner d’une augmentation similaire du chèque énergie afin de compenser cette augmentation pour les ménages modestes et leur permettre de passer à un mode de chauffage bon marché et respectueux de l’environnement.

Autres soutiens publics déjà existants pour accompagner les ménages dans leur choix du chauffage au bois : le crédit d’impôt renouvelé pour 2019, à hauteur de 30% du prix d’un appareil de chauffage au bois, accordé à tous les ménages et le « coup de pouce économie d’énergie » qui aide financièrement – jusqu’à 2000€ – les habitants en situation de précarité énergétique à remplacer leur appareil à fioul ou électrique par un appareil à bois.

Ces soutiens publics aident les propriétaires, mais sont moins attractifs pour les locataires bien qu’ils aient droit aux mêmes aides. En effet, ces derniers sont généralement moins enclins à investir dans des travaux de rénovation énergétique pour un logement qu’ils ne possèdent pas. Il serait donc pertinent de mettre en place des dispositifs pour inciter les propriétaires bailleurs à effectuer ces travaux de rénovation.

Frédéric DOUARD

Frédéric DOUARD : rédacteur en chef du magazine Bioénergie International, animateur du Portail francophone des bioénergies. Pour me contacter : fdouard arobase bioenergie-promotion.fr

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