Le stère : unité illégale !

Séchage naturel, photo Frédéric Douard

En 2008, plusieurs organisations françaises travaillant aux questions de métrologie pratique du bois-énergie ont successivement été rappelées à l’ordre par les services de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de le Répression des Fraudes) et par le bureau de la métrologie du Ministère de l’Economie pour l’usage qu’elles faisaient du stère comme unité de mesure.

En l’occurrence, il leur a rappelé que s’il était vrai que par le passé, l’emploi du stère pour mesurer le volume du bois de chauffage a été admis, le décret 75-1200 du 4 décembre 1975 en a interdit l’emploi depuis le 1 janvier 1978, renvoyant aux unités du système international : m3 ou kg. C’est la remontée en puissance récente du bois de chauffage dans les relations commerciales, multipliant les différends entre fournisseurs et consommateurs, qui a motivé les interventions des services cités.

Le stère est pourtant une unité métrique, contrairement aux nombreuses cordes régionales, mais son usage est depuis fort longtemps dépassé par l’usage qui fait qu’aujourd’hui on achète plus guère de bois en 1m, mais plutôt scié en 0,5, 0,33 ou 0,25m et de moins en mois empilé. Or, le stère n’est métrique qu’en 1m, la définition en étant un m3 de bûches de 1m empilées, avec toutes les variations connues de l’empilage et des diamètres de bois.

Il faut donc aujourd’hui pour une plus grande clarté du marché utiliser le m3 apparent, la tonne ou le kWh comme le font déjà les autres combustibles bois. Et le travail mené sous l’égide du FCBA pour établir des grilles de correspondances entre dimensions empilées ou en vrac, devra servir à afficher systématiquement des m3, des tonnes ou des kWh, à coté de leur équivalent traditionnel en stère.

Fréderic DOUARD, Bioénergie International n°7 – avril 2009