Controverse paysanne sur les agrocarburants

Usine Teréos de Lillebone

C’est sans réserve que la Confédération paysanne s’associe à l’action de blocage de l’usine BENP Téréos de Lillebonne entreprise aujourd’hui par les militants du Camp Action Climat.

Les éléments obtenus sur le cycle de production des agrocarburants lors de l’étude de l’ADEME publiée le 8 avril 2010 et à laquelle un adhérent de la Confédération paysanne a participé à titre d’expert pour le compte de France Nature Environnement et du Réseau Action Climat – France, montrent qu’en aucun cas les agrocarburants, en particulier l’éthanol de blé produit à Lillebonne, ne peuvent contribuer à réduire les émissions de GES du secteur des transports routiers. Au contraire, ils les aggravent*.

Pour l’année 2010, l’effort que la Collectivité consentira pour soutenir l’usine BENP Téréos de Lillebonne représentera environ, pour 200 000 tonnes d’éthanol produites, 20 millions d’euro, soit 200 000 € pour chacun des 100 emplois que Téréos prétend avoir maintenu à Lillebonne. C’est beaucoup d’argent, pour aucun résultat en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, la très faible efficacité énergétique que présente l’éthanol de blé produit à Lillebonne ne permet d’espérer aucune amélioration de sa compétitivité par rapport à l’essence, même après une forte augmentation du prix du pétrole. D’autre part, le blé utilisé pour l’éthanol sera toujours moins bien valorisé économiquement que du blé alimentaire, obligeant les coopératives céréalières qui se sont imprudemment engagées dans l’approvisionnement de l’usine à des péréquations entre leurs adhérents, faisant supporter à tous le manque à gagner lié à l’obligation contractuelle de livrer pour l’éthanol.

La Confédération paysanne salue la détermination et le sens des responsabilités citoyennes dont font preuve les militants du Camp Action Climat, et souligne la convergence entre leurs combats et les luttes paysannes. Le blé est une nourriture.

D’après communiqué de la Confédération du 2 août 2010