La nouvelle station d’épuration de Bonneuil produira du biométhane

La station de Bonneuil-en-France, photo SIAH du Croult et du Petit Rosne

La station d’épuration de Bonneuil-en-France, située entre le parc de La Courneuve et l’aéroport du Bourget, traite les eaux usées des 35 communes implantées sur le bassin versant du Croult. Mise en service en 1995, elle dépollue quotidiennement quelques 45 000 m3 d’eaux usées produits par une population d’environ 240 000 habitants. Sa capacité maximale étant de 55 000 m3/jour, la marge restante en termes de capacité est vite apparue comme insuffisante au regard du développement constant des communes implantées sur ce territoire et surtout au regard des projets du Grand Paris. Le principe d’une extension de la station a été validé par les élus du Syndicat Mixte pour l’Aménagement Hydraulique (SIAH) du Croult et du Petit Rosne le 26 juin 2013.

La future station, qui s’inscrit aussi dans un processus de mise aux normes, sera en mesure de porter sa capacité de traitement à 500 000 équivalents-habitants (contre 300 000 équivalents-habitants avec la station actuelle). Elle permettra ainsi de répondre aux besoins croissants de la population raccordée et des projets d’implantations industrielles et commerciales du département tels que l’aéroport Paris, le Triangle de Gonesse et l’écoquartier du Louvres-Puiseux.

Le projet permettra d’améliorer les performances de traitement pour garantir le bon respect des normes de rejet, de développer la production d’énergie renouvelable en produisant du biométhane qui sera réinjecté dans le réseau GRDF et finalement de contribuer à la restauration de la biodiversité du bassin versant en arrêtant les rejets de l’eau traitée dans le milieu naturel. Les digestats seront valorisés dans leur intégralité à travers une filière de compostage. L’efficience énergétique de la future station permettra aussi la réutilisation de la chaleur des eaux usées pour le chauffage des bâtiments administratifs.

Après la procédure de marché public, un contrat de près de 140 millions d’euros pour la conception et la réalisation a été signé le 6 juillet 2017 avec OTV, filiale de Veolia et depuis peu au coeur de la tourmente médiatique et judiciaire dans le cadre de l’appel d’offres lancé en 2012 par le Siaap pour la refonte de l’usine de Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine. Selon ce contrat, OTV devrait réaliser les travaux à partir de 2019 et une mise en service en 2022. Un contrat complémentaire d’exploitation a également été signé avec le géant de l’eau pour l’exploitation durant les premières années.

Notons enfin que la Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé le 24 avril 2018 la signature avec le SIAH d’un contrat de financement de 76 millions d’euros sur 28 ans dédié à la réalisation de ce projet. Il s’agit d’un financement d’envergure attribué pour la première fois au titre du plan d’investissement pour l’Europe dit Plan Juncker à un syndicat mixte français spécialisé dans le traitement de l’eau.