Les Amis de la Terre, en guerre contre l’huile de palme comme carburant

Le 16 novembre 2017 à 9h du matin, trente activistes des Amis de la Terre, Alternatiba et Action non-violente COP21 ont investi le hall d’entrée du siège social du groupe Carrefour à Boulogne-Billancourt pour protester contre l’inaction de l’enseigne concernant la présence d’huile de palme dans ses carburants. Déguisés en orang-outans (victimes de la déforestation des forêts primaires due aux plantations massives de palmiers à huile), les activistes ont apporté une forêt de palmiers dans le siège social, l’exploitation de l’huile de palme étant largement responsable de la déforestation en Indonésie.

« Aujourd’hui, plus de 75% de l’huile de palme consommée en France est incorporée comme biocarburant dans le gazole que nous trouvons tous les jours à la pompe » explique Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes des Amis de la Terre. « Tous les distributeurs de carburants ont reçu un courrier pour les informer et leur demander d’exclure l’huile de palme de leurs carburants : Leclerc et Système U se sont engagés, nous demandons donc à Carrefour de s’engager à son tour ».

Plusieurs études ont permis de montrer que l’huile de palme, principal moteur de la déforestation en Asie du Sud-Est, est le pire des « biocarburants. Sylvain Angerand ajoute : « Nous avons organisé plus d’une dizaine d’actions dans des stations services Carrefour : il est temps pour Carrefour de prendre ses responsabilités et de répondre aux attentes de ses clients… et de ses directeurs de magasins qui ont soutenu nos demandes »

A Bruxelles, le Parlement Européen a ouvert les débats sur la révision de la directive énergies renouvelables. Pour les Amis de la Terre, qui mettent tous les huiles végétales de première génération dans le même sac, l’enjeu est d’en finir avec le soutien aux agrocarburants  en général, et à l’huile de palme en particulier. Ce débat a lieu alors que Total est en train de convertir une partie de sa raffinerie de La Mède pour y intégrer la très contestée huile de palme, une conversion qui pourrait faire doubler les importations françaises de cette huile, et pour le coup au détriment des productions nationales d’huiles agricoles !

Frédéric Douard