Enseignements sur les flux et débouchés de bois-énergie en Poitou-Charentes

Futurobois etude PCFuturobois vient de mettre en ligne une étude menée auprès de 163 entreprises sur les volumes de production, les flux d’approvisionnement et de débouchés des combustibles bois commercialisés par les professionnels en Poitou-Charentes. Si la disponibilité de la ressource forestière et les volumes de bois consommés par les chaudières locales étaient connus grâce au travail de l’AREC, manquait encore la connaissance des volumes de combustibles bois produits et surtout l’origine géographique des bois destinés à cette production et leurs lieux de consommation.

  • L’absence de connaissance de ces données créait depuis plusieurs années un contexte source d’interrogations sur les vertus réelles du bois-énergie :
  • L’adéquation entre l’offre et la demande est-elle optimale sur le territoire ?
  • La filière bois-énergie est-elle bel est bien vertueuse et dans une logique de circuit court ?
  • Le fort développement du marché du bois-énergie ne crée-t-il pas des conflits d’usages avec les industriels scieurs, panneauteurs ou papetiers ?

L’analyse des données collectées auprès des entreprises sur la base de la saison de chauffe 2014/2015 permet aujourd’hui de tirer sept conclusions majeures sur la structuration du marché du bois-énergie sur le Poitou-Charentes : 

1 – Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de risque de déforestation du à la production de bois-énergie.

Entre le gisement mobilisable, 1,9 Mm3/an, la récolte professionnelle réalisée annuellement, 642 000 m3, et les besoins du marché local, le risque de déforestation que pourrait entrainer la production du bois-énergie semble plus du domaine des craintes irrationnelles que d’une réalité effective.

2 – La production de bois-énergie est au contraire indispensable pour assurer des revenus suffisants, tant aux propriétaires qu’aux exploitants.

Pour 2 m3 de grumes ou de sciages achetés, le professionnel sait qu’il ne valorisera qu’1 m3 en produits élaborés. Le débouché du bois-énergie — pour des bois non valorisables en trituration — permet ainsi d’optimiser la rentabilité économique pour la totalité des bois exploités.

3 – Il est nécessaire de mobiliser de la ressource complémentaire pour répondre aux besoins des entreprises productrices de la région.

Pour mobiliser de la ressource complémentaire, sur un territoire où 9 hectares sur 10 de forêts appartiennent à des propriétaires privés et dont 95% possèdent moins de 4 ha, Il convient de proposer à ces derniers des regroupements de parcelles afin d’assurer des chantiers rentables aux exploitants forestiers.

4 – La priorité doit être de favoriser la croissance du marché des produits bois, pour accroitre les disponibilités des produits connexes.

La croissance du marché du bois-énergie doit être la conséquence de la croissance préalable du marché des produits bois dans leur ensemble.

5 – Plus les volumes de bois transformés seront élevés, plus la disponibilité des produits connexes valorisables en bois-énergie sera importante au moment de l’exploitation forestière ou aux différentes étapes de la transformation.

6 – L’implantation de petites unités de chaufferies bois est bonne pour nos territoires.

Les débouchés locaux de bois-énergie sont relativement modestes à ce jour. Consolider le maillage du territoire picto-charentais par des chaufferies de petite et moyenne puissance, en s’appuyant sur les ressources locales, contribue au développement harmonieux de la filière et à la valorisation des savoir-faire industriels locaux.

7 – Les chaufferies de forte puissance ne doivent pas, à elles seules, tirer la croissance de la filière forêt-bois.

Si l’on veut poursuivre ce cercle vertueux visant à produire des énergies renouvelables à partir de la biomasse bois, il faut veiller à ce que des projets d’implantation de chaufferies ou d’unités de cogénération de forte puissance ne soient pas les seuls à tirer la croissance de la filière forêt-bois. Sinon, le risque de voir des bois de qualité suffisante pour être valorisés en bois d’oeuvre ou en bois de trituration partir directement en bois-énergie pourrait alors voir le jour.

Tous les chiffres et tableaux de données ayant permis ce travail d’analyse sont disponibles dans le rapport téléchargeable en format PDF sur le portail www.poitoucharentes-boisenergie.net

Contact : Nicolas MAROT, Délégué Général de Futurobois – 05 49 77 18 50 – n.marot@futurobois.net