Le parlement européen s’oppose à l’usage d’huile de palme comme biocarburant

Noix de palme, photo Frédéric Douard

Noix de palme, photo Frédéric Douard

Le 4 avril 2017, le Parlement Européen a voté à une écrasante majorité (610 votes pour, 18 contre et 28 abstentions) un rapport demandant de mettre un terme à l’utilisation d’huile de palme pour la production de biocarburant.

Depuis un dizaine d’années déjà, de nombreuses associations environnementales dénoncent les dérives de l’utilisation croissante de l’huile de palme qui engendre une conversion massive de milieux naturels, de forêts primaires, mais aussi de cultures vivrières d’Asie du Sud-Est en monoculture de palmier à huile. Cette huile est un ingrédient discret que l’on trouve dans de nombreux produits du quotidien. Après de très nombreuses mises en garde, sa consommation alimentaire a commencé à diminuer en Europe, mais son utilisation comme biocarburant poursuit son développement.

En France, l’association des Amis de la Terre France dénonce en particulier le projet de reconversion de la raffinerie Total de La Mède près de Martigues, en usine de production de biodiesel à base d’huile palme importée, un projet qui va à l’encontre de la position du parlement européen. Selon l’association écologiste, cette usine pourrait à elle seule doubler la consommation française d’huile de palme.

Toujours selon les Amis de la Terre, Total justifie son projet par la nécessité de répondre à la demande croissante en biodiesel, alors même que la commission européenne prévoit une réduction du recours aux biocarburants dès 2020.

Si la production de biodiesel à partir d’une fraction limitée de la production française et européenne de graines oléagineuses (colza et tournesol) reste une solution utile et pertinente pour l’agriculture locale, et pour la lutte contre le réchauffement climatique, le recours à l’huile de palme comme carburant présente quant à lui beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages.

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Frédéric Douard