Panorama du gaz renouvelable, le biométhane, en France en 2016

Injection biométhane, photo © Grégory Brandel

Injection biométhane, photo © Grégory Brandel

L’année 2016 a confirmé l’émergence de la filière biométhane en France notamment avec la mise en service de neuf nouveaux sites. Avec une augmentation annuelle de 162 % en 2016, 215 GWh ont été injectés dans le réseau de gaz, soit l’équivalent de la consommation de près de 18 000 logements ou de 1 000 bus. Dresser l’état des lieux et tracer les perspectives de la filière, telle est l’ambition du Panorama du Gaz Renouvelable 2016, fruit de la collaboration de GRDF, de GRTgaz, du Syndicat des Energies Renouvelables (SER), du SPEGNN et de TIGF.

Un potentiel important

Fin 2016, les 26 sites injectant du biométhane dans l’ensemble des réseaux et les 241 projets en phase avancée recensés confirment la tendance observée en 2015. Néanmoins, la production de gaz renouvelable ne représente àce jour que 0,05 % de la consommation française alors que la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) fixe à 10 % la consommation de gaz renouvelable à l’horizon 2030.

Des évolutions réglementaires nécessaires

L’année 2016 a été marquée par la mise en œuvre d’une ordonnance donnant la possibilité de recourir aux appels d’offres, venant en complément des mécanismes de soutien actuels, afin d’atteindre les objectifs. Si l’ensemble des acteurs de la filière saluent cette avancée majeure, cette dernière ne peut se suffire à elle-même. Pour être au rendez-vous des ambitions fixées par la LTECV, plusieurs mesures structurantes sont nécessaires : l’adaptation du coefficient S pour les sites n’ayant jamais valorisé de biogaz en contrat d’achat, le prolongement du contrat d’achat de 15 à 20 ans à tarif identique et le passage d’un calcul mensuel des capacités d’injection à un calcul annuel. Aujourd’hui, les sites produisant déjà du biogaz, et souhaitant faire le choix du biométhane, se voient appliquer un coefficient d’abattement sur leur futur tarif d’achat alors qu’ils n’ont encore jamais bénéficié de soutien.

Les chiffres clés du biométhane en France en 2016
Sites d’injection 26  (+ 53% par rapport à 2015)
Energie injectée dans les réseaux 215 GWh (+ 162 % par rapport à 2015)
Capacité maximale de production installée 410 GWh/an (+ 47% par rapport à 2015)
Projets d’injection dans la file d’attente 241 (une capacité de 5 000 GWh/an)
Évitement CO2 40 400 tonnes
Emplois directs à horizon 2020 2 000 à 3 000

Le gaz renouvelable : une solution pour réduire les gaz à effet de serre

Réduisant les émissions de CO2 à toutes les étapes du processus, la filière d’injection de gaz renouvelable a permis d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 40 400 tonnes de gaz à effet de serre en 2016. À titre de comparaison 15 000 tonnes d’émission avaient été évitées en 2015. En se basant sur les projets identifiés à ce jour, le potentiel d’injection de biométhane à horizon 2020 est de l’ordre de 3 000 GWh/an, ce qui permettra d’économiser 560 000 tonnes de gaz à effet de serre. Soit l’équivalent de la consommation de près de 250 000 logements ou 13 000 bus.

Biométhane, photo © Grégory Brandel

Biométhane, photo © Grégory Brandel

Une filière créatrice d’emplois

Les acteurs de la filière du gaz renouvelable poursuivent leur montée en compétences et pourraient créer de 2 000 à 3 000 emplois directs non délocalisables à l’horizon 2020. La filière biogaz dans son ensemble, incluant l’injection et la distribution de biométhane carburant, devrait permettre la création de plus de 10 000 emplois de développement/construction et de près de 5 000 emplois d’exploitation/maintenance.

De nouvelles filières de production de gaz renouvelable

À moyen et long terme, il faudra également compter sur de nouvelles briques technologiques de production de gaz renouvelable comme la gazéification de la biomasse sèche et des Combustibles Solides de Récupération (CSR), le Power-to-Gas (production d’hydrogène par électrolyse de l’eau à partir d’énergies renouvelables électriques) et la valorisation des microalgues. Quelques projets de démonstrateurs sont déjà mis en œuvre et ces voies de production pourront injecter 15 000 à 40 000 GWh/an pour le Power-to-Gas et 160 000 à 280 000 GWh/an pour la gazéification à horizon 2035.

Des retours d’expérience très positifs
Dès les premières semaines, les sites d’injection atteignent 80 % de la capacité maximale de production pour parvenir rapidement à 100 %
Les taux de disponibilité effectifs, proches de 97 %, sont supérieurs aux engagements contractuels de 95 % pris par les opérateurs
Sur chaque site, la qualité du gaz mesurée est conforme aux pré-requis et, d’une manière générale la production est maîtrisée et conforme aux objectifs

>> Pour en savoir plus, télécharger le Panorama 2016 ici