Une stratégie bio-économique pour la France

Paysage de bioressources, photo Frédéric Douard

Paysage de bioressources, photo Frédéric Douard

En 2015 le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique et le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, ont lancé les travaux d’élaboration d’une stratégie bioéconomie pour la France. L’objectif était de proposer une vision pour le développement, coordonné et durable, des filières basées sur la biomasse pour la production alimentaire, de matériaux, de molécules biosourcées, de bioénergie et de services écosystémiques.

Ces travaux ont démontré la nécessité de considérer la disparité des situations relevant de la bioéconomie, ainsi que la diversité et l’antériorité des démarches d’accompagnement, tant en termes d’action publique que de mobilisation des acteurs privés. Ces échanges ont aussi établi le besoin de poursuivre le dialogue. Pour ces raisons, le document proposé ici est une étape dans la mise en œuvre d’une approche concertée et reconnue en faveur de la bioéconomie.

Ce document vise ainsi à poser les fondamentaux d’une stratégie française globale de la bioéconomie, partagée entre tous les acteurs privés et publics. Il sera complété par un second chapitre décrivant les jalons et les propositions pour déployer de manière opérationnelle la bioéconomie sur le territoire français. Il s’agira de définir, là encore de façon ouverte, le plan d’action à déployer.

La bioéconomie est un secteur important dans l’économie et le territoire français.

Qu’il s’agisse de filières déjà en place ou de filières émergentes, le secteur contribue à la dynamique socio-économique du pays.

Au delà des contributions économiques et territoriales, les chaînes de valeur de la bioéconomie représentent des atouts pour lutter contre le changement climatique. En France, environ 500 Mt équivalent CO2 ont été émises en 2013 toutes activités confondues, et il est prévu de réduire ce chiffre à environ 325 Mt équivalent CO2 en 2030.

La bioéconomie pourrait y contribuer  de façon significative :

  • la substitution de produits d’origine fossile par des produits issus des bioressources pourrait ainsi représenter un gain potentiel d’émissions d’environ 40 Mt
    CO2/an à l’horizon 2030 et de 5 Mt CO2/an en stockage ;
  • le potentiel de réduction des émissions du secteur agricole, considéré comme effectivement atteignable à l’horizon 2030 (en favorisant notamment l’évolution
    des pratiques ou l’autonomie énergétique grâce à la méthanisation par exemple) serait de l’ordre de 10 à 15 Mt CO2eq/an.
  • une réduction de 20 % du gaspillage alimentaire d’ici 2030 permettrait une économie d’émission de 10 Mt CO2eq/an.

>> Télécharger le document stratégique