L’unité de biocarburants de deuxième génération BioTFuel sur les rails du port de Dunkerque

Les pailles non utilisées comme litière pourront être valorisées en carburants de seconde génération, photo Frédéric Douard

Les pailles non utilisées comme litière pourront être valorisées en carburants de seconde génération, photo Frédéric Douard

Le 9 décembre 2016, Ségolène Royal, Ministre de l’écologie et de l’énergie, a inauguré l’unité de biocarburants de seconde génération BioTFuel, qui va permettre de traiter la plus large variété de biomasses issues de résidus agricoles et forestiers. Ce démonstrateur permettra de tester une chaîne de production complète de biocarburants avancés, sans concurrence alimentaire.

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien de l’Etat, à travers l’ADEME (33M€), et de la Région (3,2 M€) et grâce à la mise en commun des efforts de 6 partenaires, qui ont réuni leur excellence scientifique et industrielle :

  • Les organismes de recherche : IFP-EN et CEA.
  • Les industriels : Total et Avril.
  • Les fournisseurs de technologies : ThyssenKrupp et Axens.

Selon les termes de la ministre lors de l’inauguration, le projet BioTFuel marque la réussite de la reconversion industrielle du site de l’ex-raffinerie TOTAL de Dunkerque et trace la voie de la bioraffinerie du futur, au service des objectifs de la transition énergétique dans les transports et du développement économique et des emplois de la filière des biocarburants avancés qui permettent de réduire de plus de 80 % les émissions de gaz à effet par rapport aux carburants fossiles.

La ministre rappelle aussi à cette occasion les objectifs de la France en matière de biocarburants, à savoir la réduction de la dépendance au pétrole, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques dans les transports, et enfin le soutien au secteur agricole en lui offrant des débouchés complémentaires. La politique engagée en cette matière depuis des années fait aujourd’hui que la France est dans le peloton de tête des pays européens avec environ 7 % de biocarburants dans sa consommation de carburant.

Le transport routier

La ministre a rappelé également les objectifs de la loi de transition énergétique qui a fixé l’objectif de 15 % d’énergies renouvelables dans notre consommation finale de carburants d’ici 2030. La programmation pluriannuelle de l’énergie, publiée le 28 octobre 2016, avec la stratégie nationale de développement de la mobilité propre, décline cet objectif en matière d’incorporation de biocarburants avancés (seconde génération) :
– Dans les essences : atteindre 1,6 % en 2018 et 3,4 % en 2023.
– Dans les gazoles : atteindre 1 % en 2018 et 2,3 % en 2023.

Pour soutenir cette trajectoire, le Gouvernement vient d’ailleurs de faire adopter un amendement au projet de loi de finances rectificatives qui porte, pour 2017, les objectifs d’incorporation de biocarburants dans les essences de 7 % à 7,5 %. Le projet BioTFuel, comme le projet Futurol auquel l’IFPEN et Total sont également associés, dotent la France des moyens industriels qui permettront d’aller vers ces objectifs.

Le transport aérien

Le projet BioTFuel est d’autant plus intéressant qu’il va permettre de produire des biocarburants avancés pour les avions. Sur ce sujet, la ministre ajoute qu’en tant que présidente de la COP21, elle s’est mobilisée pour l’aboutissement des négociations à l’OACI qui ont permis un accord, en octobre 2016, sur un mécanisme mondial pour la compensation des émissions de CO2 de l’aviation internationale. Ceci fut une première avancée pour le secteur de l’aviation internationale, après l’échec des deux précédentes tentatives lors des assemblées de 2010 et 2013. Les travaux de l’OACI doivent désormais se poursuivre sur la réduction des émissions du secteur aérien.

Le transport maritime

Dans ce domaine, Ségolène Royal rappelle que la France, aux côtés de 10 autres pays de l’OMI, dont le Maroc, a déposé une soumission à l’OMI pour engager le secteur maritime international à définir sa contribution, à l’effort collectif de réduction des gaz à effet de serre.

Dans ce sens, le ministère de l’écologie a lancé un appel à projets « Ports à énergie positive pour la croissance verte et bleue » le 8 avril 2016, dans le cadre du Programme des Investissements d’Avenir. 14 candidatures ont déjà été reçues et l’appel à projets a donc été prolongé jusqu’au 31 mars 2017.

Pour cela, les services du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer se tiennent à la disposition des porteurs de projets pour le montage de leur dossier. Contact : DGITM (Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer) – Guillaume PASSART – 01 40 81 12 32 – Guillaume.Passard@developpement-durable.gouv.fr