Bilan mitigé pour les plans régionaux de développement forestier

Pile de chêne dans le massif des Landes de Gascogne, photo Frédéric Douard

Pile de chêne dans le massif des Landes de Gascogne, photo Frédéric Douard

Les plans pluriannuels régionaux de développement forestier (PPRDF) ont été établis à partir de 2012 et pour cinq ans? Fin 2016, plusieurs d’entre eux viennent à échéance. Ces plans opérationnels visaient une mobilisation supplémentaire de bois dans des massifs forestiers sous-exploités. Il était donc important d’en faire le bilan pour en tirer les enseignements utiles et c’est ce que le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux vient de publier. La mission a établi quelques indicateurs de performance des actions permettant d’identifier celles qui ont donné les meilleurs résultats.

Les actions d’animation se sont le plus souvent inscrites dans des stratégies locales de développement forestier (plans de développement de massif ou chartes forestières de territoire). Si elles s’adressent en principe à tous les propriétaires privés, la majorité d’entre elles ont touché de petites propriétés, souvent en deçà de quatre hectares.

Regroupement de l’offre de bois, création de desserte, regroupement de gestion, amélioration foncière, les objectifs prioritaires d’animation sont très variables selon les régions. Cela souligne la disparité des contextes qui ont guidé les stratégies d’action.

En règle générale, les PPRDF ont eu pour effet positif de concentrer les investissements en faveur de l’amélioration de la desserte forestière dans les massifs identifiés comme prioritaires pour l’accroissement de la récolte.

Le volume supplémentaire mobilisé sur la période 2012-2015 est estimé à 2,5 millions de m3, soit 0,6 millions de m3 en moyenne annuelle, sept régions sur les 21 dotées d’un PPRDF ayant toutefois considéré qu’en raison des faibles moyens engagés ou de l’avancement encore insuffisant du plan d’actions, ce volume était nul. 31,7 millions d’euros ont été consacrés aux actions d’animation sur la période ce qui représente en moyenne 13 euros par m3 supplémentaire récolté, avec de fortes disparités entre régions. On est donc encore loin de l’objectif indicatif figurant dans le projet de programme national de la forêt et du bois, soit une augmentation de la récolte annuelle de 12 millions de m3 dans dix ans.

Néanmoins, la mission estime que les efforts engagés ont enclenché une évolution positive en faveur d’une gestion durable plus dynamique, condition indispensable à l’augmentation de récolte. Les PPRDF ont également permis de mieux structurer l’animation forestière. La mission relève aussi que les travaux au sein des comités d’élaboration et de suivi des PPRDF, intégrant pour la plupart des représentants de l’interprofession régionale, ont nourri de nouveaux programmes ou stratégies forêt-bois dans plusieurs régions.

 

Enfin, la mission confirme l’intérêt des appels à projets pour des actions inscrites dans un projet de territoire et débouchant directement sur une mobilisation supplémentaire de bois, en particulier celles adossées à des investissements forestiers relatifs aux peuplements ou aux infrastructures. Elle propose toutefois de n’y consacrer qu’une part du budget et de maintenir des moyens affectés directement aux opérateurs pour d’autres actions d’animation, notamment celles visant le regroupement de gestion.

>> Télécharger  le rapport

Source : agriculture.gouv.fr