Bilan des chaufferies industrielles à biomasse des AAP BCIAT 2009 à 2016

Chaufferie de Dislaub à Buchères, photo Ademe

Chaufferie de Dislaub à Buchères, photo Ademe

L’objectif des appels à projets Biomasse Chaleur Industrie Agriculture Tertiaire (BCIAT) est le développement d’installations industrielles, agricoles et tertiaires assurant une production énergétique à partir de biomasse, couplées ou non à d’autres énergies renouvelables ou de récupération. Aujourd’hui, avec 66 installations en fonctionnement, la production thermique annuelle à partir de biomasse est supérieure à 330 000 tep. Elle devrait atteindre 500 000 tep en 2018 avec la réalisation des projets en cours.

Les secteurs d’activité concernés depuis 2009 sont variés. Le secteur le mieux représenté est l’agroalimentaire avec 47 projets (dont 20 laiteries) et une production énergétique à partir de biomasse supérieure à 250 000 tep/an suivi par le secteur du papier carton (200 000 tep/an) et l’industrie du bois et de la granulation (80 000 tep/an).

Secteurs d'activités des lauréats BCIAT de 2009 à 2016

Secteurs d’activités des lauréats BCIAT de 2009 à 2016

Le combustible biomasse principalement utilisé en 2016 reste la plaquette forestière mais la part des produits bois en fin de vie et des déchets de bois traités et souillés progresse et devrait encore augmenter dans les prochaines années avec les projets BCIAT retenus depuis 2015.

Consommation de bois BCIAT en 2016

Consommation de bois BCIAT en 2016

FOCUS sur quatre installations en fonctionnement

AEROPORT DE ROISSY CHARLES DE GAULLE (Val d’Oise)
Chaufferie bois Roissy Charles de Gaulle, photo Aéroports de Paris

Chaufferie bois Roissy Charles de Gaulle, photo Aéroports de Paris

Dans le cadre de son plan stratégique, le groupe ADP entend réduire ses émissions de CO2 de 25 % entre 2009 et 2015 et se dote d’objectifs d’efficacité énergétique et de déploiement des énergies renouvelables. La chaufferie biomasse de 14 MW produit 78 000 MWh/an, soit 26 % des besoins de l’aéroport. L’installation consomme de 35 à 40 000 tonnes de bois par an dont 90 % de plaquettes forestières certifiées et a bénéficié d’une aide de 41 % dans le cadre de l’Appel à projets BCIAT 2010.

LAITERIES TRIBALLAT à Rians (Cher)

Chaufferie de la laiterie Triballat à Rians dans le Cher, photo Ademe

Chaufferie de la laiterie Triballat à Rians dans le Cher, photo Ademe

Les laiteries Triballat ont un besoin important en vapeur pour la transformation du lait. En 2009, elles ont choisi de s’équiper d’une chaudière bois vapeur(s) d’une puissance de 4,5 MW (12 bars à 190°C) en substitution d’une chaudière au fuel. L’installation consomme annuellement 9 000 tonnes de bois dont la majorité est composée de billons à broyer en provenance du massif forestier local (l’approvisionnement ne dépassant pas 50 km autour des laiteries). La nouvelle chaufferie couvre 80 % des besoins thermiques et permet d’économiser annuellement près de 20 000 MWh de gaz, soit 4 500 teq CO2 évitées par an. Le coût d’investissement, de 3 M€, a été réduit de moitié grâce à l’aide du Fonds Chaleur.

NESTLE à Challerange (Ardennes)
Chaufferie bois Ingredia-Nestlé de St Pol sur Ternoise-62, photo Nexténergies

Chaufferie bois Ingredia-Nestlé de St Pol sur Ternoise-62, photo Nexténergies

Le groupe Nestlé a mis en place une première installation biomasse de 7 MW sur le site de Challerange spécialisé dans la production de poudres de lait, notamment pour les capsules Dolce Gustoâ. Suite à cette première expérience concluante, ils ont réalisé 3 autres projets : 5 MW pour l’usine Herta à Saint-Pol sur Ternoise (62), 20 MW pour l’usine Mousline de Rosières en Santerre (80), et la dernière de 26 MW, dont la mise en service est en cours, sur le site Nescafé de Dieppe (76) qui utilise à part égale du bois et du marc de café.

SITA-OSIRIS à Péage du Roussillon (Isère)

Chaufferie bois de Roussillon, photo SITA Rekem

Chaufferie bois de Roussillon, photo SITA Rekem

La plateforme chimique du Roussillon regroupe 15 entreprises du secteur de la chimie sur une surface de 150 hectares. L’énergie est fournie par un Groupement d’intérêt économique, le GIE Osiris. L’énergie représente entre 30 et 80 % des couts de production selon les spécialités. Une chaudière biomasse est depuis 2015 en exploitation par SITA REKEM, d’une puissance bois de 24,7 MW, elle permet de substituer 16 % des énergies fossiles. (charbon et gaz). Pour en savoir plus lire : La chaufferie à déchets de bois de la plateforme chimique de Roussillon

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