EDF teste la co-combustion granulé bois & charbon à la centrale de Cordemais

La centrale de Cordemais dans l'estuaire de la Loire, photo EDF

Centrale de Cordemais, estuaire de la Loire, photo EDF

La Centrale de Cordemais se situe sur l’estuaire de la Loire, entre Nantes et St-Nazaire, et s’étend sur près de 150 hectares. C’est la plus grosse centrale à combustion d’EDF et 450 salariés y travaillent. A leurs côtés, plus de 250 salariés d’entreprises prestataires sont présents sur le site tout au long de l’année. Cette centrale dispose d’une puissance installée de 2600 MWé en deux unités : 600 MWé production au charbon de 600 MW et 2 x 700 MWé au fioul lourd.

Pour utiliser ces combustibles chimiquement polluants, la Centrale de Cordemais est équipée des technologies de traitement des fumées nécessaires :

  • la désulfuration, qui permet de débarrasser les fumées de 90 % des particules de soufre,
  • la dénitrification, qui permet de réduire de 80 % la quantité d’oxyde d’azote contenus dans les fumées,
  • le dépoussiérage, qui débarrasse les fumées issues de la combustion du charbon de leurs particules de poussières.

Des tests menés avec des granulés de bois « noirs »

Granulés noirs, photo EDF

Granulés noirs, photo EDF

Les tests ont commencé courant février 2016 et ont été réalisés avec succès sur l’une des unités de production de la centrale. Ils ont été menés en co-combustion avec le charbon et une biomasse techniquement proche, le granulé noir, ou « black pellet » en anglais. Ce choix de biomasse minimise considérablement les modifications à apporter à l’installation et permet également de continuer à utiliser les moyens logistiques classiques du charbon : à savoir des installations de plein air. Car si les granulés de bois classiques, les granulés blancs, ne supportent pas l’humidité, leurs cousins noirs sont quant à eux hydrophobes.

Les granulés noirs, scientifiquement les « steam exploded black pellets » en anglais,  sont produits à partir de bois classique, mais qui a subit un traitement thermique à la vapeur. Ce traitement thermique, suivi d’une dépressurisation brutale permet de fournir un matériau à l’épreuve de l’eau pour la production de granulés ou de briquettes. La matière première est en fait explosée à la vapeur, ce qui libère une forte quantité de lignine libre qui permet ensuite une agglomération puissante et hydrophobe. Ces biocombustibles thermo-préparés sont alors appropriés pour le transport sur longue distance en voie maritime, une voie périlleuse pour les granulés blancs étant donné l’humidité de milieu.  A Cordemais, lors des essais dans la chaudière de l’unité de production n°4, la biomasse représentait 20 % du combustible.

Pour EDF, ce projet biomasse a pour objectif d’identifier les opportunités de conversion de la centrale dans le cadre de la transition énergétique, notamment, comme à Gardanne pour UNIPER, pour éviter sa fermeture.

« Notre objectif était de prouver qu’il est possible d’injecter un combustible d’origine renouvelable et donc de réduire notre impact CO2 sans avoir à réaliser de modification et d’investissement supplémentaire sur nos installations.», souligne Denis Florenty, Directeur de la Centrale thermique de Cordemais et responsable national du projet Biomasse pour EDF.

L’expérimentation réalisée à Cordemais s’inscrit dans un projet de recherche international, mené par le CEATI au Canada (Centre for Energy Advancement through Technological Innovation), auquel participe la Direction de la Recherche et Développement d’EDF.

Par contre si ce projet venait à se concrétiser, cela signifierait, au moins dans un premier temps, l’importation de cette biomasse, produite pour l’instant uniquement aux Etats-Unis par l’entreprise Zilkha Biomass Energy à Selma en Alabama, une usine d’une capacité de production de 275 000 tonnes par an, et qui a commencé à fournir la chaufferie de la CPCU de Saint-Ouen depuis août 2015 depuis le port de Mobile.

Usine Zilkha à Selma, photo Zilkha Biomass Energy

Usine Zilkha qui produit les granulés noirs à Selma, photo Zilkha Biomass Energy

Frédéric Douard