La récolte de bois en France peut être accrue de 30 à 40% d’ici à 2035

En 2015, l’IGN et le FCBA ont réalisé une évaluation à l’échelon national des disponibilités en bois d’origine forestière et populicole pour l’industrie et l’énergie à l’horizon 2035. Cette étude a été financée par l’ADEME, par l’IGN et par la COPACEL. Les acteurs de la filière ainsi que les ministères de l’agriculture et de l’écologie ont été associés aux différentes étapes de ce travail prospectif.

Afin de réduire sa dépendance aux énergies fossiles et de lutter contre les effets du changement climatique, la France s’est fixée, pour objectif ambitieux, que la biomasse représente 40% du bouquet des énergies renouvelables en 2020, dont une large part d’origine forestière. Les études antérieures sur les disponibilités en bois à l’échelon national (ADEME 2005, ADEME et MAAF 2009, MEDDE 2014) ont confirmé la capacité de la forêt française à supporter une augmentation importante des prélèvements de bois. De fait, différents programmes et outils nationaux et régionaux ont été mis en place depuis 2007 pour développer les filières bois énergie. Il s’agit notamment du Fonds Chaleur pour la production de chaleur issue des énergies renouvelables et des appels d’offre de la CRE pour la production d’électricité en cogénération.

Débardage de menu bois au porteur, photo Frédéric Douard

Débardage de menu bois au porteur, photo Frédéric Douard

Face à cet enjeu de développement important de l’utilisation de la biomasse, des tensions sur les ressources forestières les plus aisément exploitables sont apparues. Pour développer et pérenniser les approvisionnements de bois issus de la forêt dans le respect des usages matière, les décideurs doivent connaître les volumes exploitables dans le futur, en quantité et en qualité. L’étude contribue à cet objectif en apportant aux décideurs institutionnels et aux acteurs économiques publics et privés des informations de référence pour l’élaboration des politiques forêt-bois nationales et régionales.

Une évaluation plus précise des disponibilités en bois additionnelles et exploitables

Une estimation plus précise et plus réaliste des volumes de bois effectivement exploitables à l’échéance 2035 a été permise dans cette étude grâce à la mise en œuvre d’informations nouvelles par rapport aux travaux de 2009.

L’évaluation de 2015 est plus proche de la réalité physique que celle de 2009, car elle repose sur les taux de coupe actuels, elle prend mieux en compte les conditions locales d’exploitation et les capacités d’évolution de la filière, et elle traite de manière plus réaliste la valorisation des houppiers résineux et des petits feuillus.

Il en ressort globalement que les capacités de la forêt française permettent une augmentation importante de la récolte à l’horizon 2035, jusqu’à +20 Mm3 /an hors menus bois, jusqu’à +28 Mm3 /an avec les menus bois, tout en restant dans le cadre d’une gestion durable et réaliste.

Notons que le plus fort potentiel de développement de la récolte se trouve dans les essences feuillues et dans les forêts privées ne disposant pas aujourd’hui de plan de gestion.

Le bois feuillu représente la plus grande marge de disponibilité en France, photo Frédéric Douard

Le bois feuillu représente la plus grande marge de disponibilité en France, photo Frédéric Douard

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