L’accord de Paris COP21 réofficialise mondialement l’ère des énergies renouvelables

Editorial du Bioénergie International n°40 de Décembre 2015

Salle plénière de la COP 21 au Bourget, photo SGCOP21

Salle plénière de la COP 21 au Bourget, photo SGCOP21

Je ne vais pas ici ajouter un énième commentaire au texte de l’accord approuvé à Paris le 12 décembre 2015 à l’issue de la 21ème conférence des nations unies sur le changement climatique, un accord que l’on peut incontestablement mettre au crédit d’une diplomatie française qui a cette fois œuvré pour le bien collectif de la planète. Cependant, il est nécessaire de souligner le caractère historique de cet accord qui résume en 39 pages un consensus entre 195 nations souhaitant aller dans le même sens : maîtriser l’aggravation du réchauffement de la planète à 1,5°C d’ici la fin de ce siècle.

Et même si, comme dans tout consensus, cela ne va pas aussi vite et aussi loin que certains le souhaiteraient, cet accord constitue le cadre et la vitrine mondiale de travaux et de négociations qui se feront désormais en continu à partir d’engagements volontaires et connus, base sur laquelle les dirigeants seront jugés par les populations.

Depuis l’adoption du protocole de Kyoto en 1997, il y a 18 ans, et jusqu’à aujourd’hui, peu de choses avaient véritablement bougé au niveau mondial. L’Europe, second plus gros pollueur de l’histoire, avait quasiment été la seule à agir en faveur du climat, avec dès 1998, la mise en place de sa première directive Énergies Renouvelables visant à faire progresser les EnR de 6 à 12% en 2010. Cette directive fut suivie, 10 ans plus tard, par le paquet énergie 2008 pour cette fois porter les objectifs à 20% d’EnR en 2020. Et l’an dernier, en octobre 2014, le Conseil européen définissait de nouveaux objectifs pour 2030 avec une réduction de 40% des émissions de gaz à effets de serre par rapport à 1990 et avec 27% d’EnR dans la consommation finale de l’Union.

Là où l’accord de Paris est historique, c’est de par l’approbation des objectifs par la quasi-totalité de l’humanité. Bien sûr, il aura fallu la pression des réalités, sous les tropiques, aux pôles ou en Chine notamment, pour que la prise de conscience soit aussi large, mais le résultat est là, et l’actuelle surconsommation de combustibles fossiles, aggravant chaque jour un peu plus les conditions de vie des terriens, poussera de plus en plus les engagements en ce sens.

L’alignement de la planète politique avec la planète Terre était donc au rendez-vous en ce mois de décembre 2015 à Paris. Il faudra du temps, des volontés, mais le feuille de route est désormais claire, maximum 1,5°C d’augmentation, et pour y parvenir, il n’existe qu’une seule voie possible : revenir le plus rapidement possible aux énergies renouvelables et refermer la parenthèse des énergies fossiles qui aura duré moins de trois siècles !

Notre responsabilité collective et individuelle est aujourd’hui fortement renforcée par cette décision, le Monde entier en convient, un travail colossal, passionnant et pourvoyeur de nouveaux emplois nous attend : c’est à nous tous de jouer !

Le texte de l’accord est téléchargeable à l’adresse suivante : unfccc.int

Frédéric Douard

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