Les projets de production de biométhane en Rhône-Alpes

Membranes de purification du biogaz en biométhane, photo  Evonik

Membranes de purification du biogaz en biométhane, photo Evonik

Pour produire du biométhane, il faut d’abord produire du biogaz à partir de la fermentation de matière organique comme des boues de station d’épuration, la fraction fermentescible des ordures ménagères, des effluents et sous-produits agricoles (lisier, fumier, résidus de cultures, cultures entre deux cultures principales), des déchets d’industries agro-alimentaires. Le biogaz contient du méthane mais aussi d’autres gaz dont du CO2. Il doit être épuré pour séparer le CO2 et les autres composés et ne garder que le méthane qui a alors des qualités similaires à celles du gaz naturel. Une fois la qualité attestée, il est injecté dans le réseau de gaz naturel après compression à la pression du réseau (de quelques bars à plusieurs dizaines de bars). Pour produire le biométhane, le producteur bénéficie d’un tarif d’achat plus avantageux que le marché du gaz naturel. Il vend sa production à un fournisseur de gaz.

Aujourd’hui, en France, 14 sites injectent du biométhane dans les réseaux de distribution de gaz naturel : 11 d’entre eux sont gérés par des agriculteurs seuls ou en collectif, 3 appartiennent à des syndicats de traitement des déchets ménagers, et le dernier est implanté dans une station d’épuration.

La production totale de ces sites est de 160 MWh/an, soit les besoins en gaz de 13 300 foyers ou 1280 bus roulant au GNV. A ce jour, la filière n’est accessible qu’à des projets de taille non négligeable soit 60 Nm3/h de biométhane, ce qui représente un minimum de 8 à 10 000 tonnes d’intrants/an.

Et en Rhône-Alpes ?

Aujourd’hui, le territoire rhônalpin ne compte pas d’installation de production de biométhane en fonctionnement mais plusieurs projets sont en cours :

  • La station d’épuration Aquapôle à Fontanil-Cornillon (38) : traitement des eaux urbaines de la Ville de Grenoble (44 000 eqH (équivalent habitant)) avec une production de 210 Nm3/h de CH4. Chantier en cours et injection prévue début 2016.
  • Terragr’Eau projet du Pays d’Evian (74) : 30 000 tonnes de matières traitées pour une production de 90 Nm3/h. En construction, mise en fonctionnement prévue fin 2016.
  • Méthamoly à St-Denis-sur-Coise (42) : 16 000 tonnes de matières traitées pour une production de 80 Nm3/H de CH4. Mise en service prévue courant 2017.
  • Méthanisère à Aprieu (38) : 15 000 tonnes de matières traitées pour une production de 75 Nm3/h de CH4 mise en fonctionnement prévue en 2017.
  • Siper à Bourg-de-Péage (38) : 50 000 tonnes de matières traitées pour une production injectée de 110 Nm3/h de CH4 ainsi qu’une partie valorisée par cogénération de 1,8 MW. Mise en service début 2017.
  • Bio Energie 69 à Pusignan (69) : 31 500 tonnes de matières traitées pour une production injectée de 250 Nm3/h de CH4. Mise en service prévue 2017.

Pour en savoir plus :  

  • Valérie Borroni, RAEE – valerie.borroni[a]raee.org – 04 78 37 29 14
  • Mathieu Eberhardt, RAEE – mathieu.eberhardt[a]raee.org – 04 78 37 29 14
  • www.raee.org