Seine-et-Marne, une ferme forestière fait produire les petites parcelles boisées

Rémi Foucher, photo du Pays Briard

Rémi Foucher, photo du Pays Briard

Rémi Foucher est né en 1959 et il y a trois ans, il créé la ferme forestière de Beautheil, axée sur la production de bois-énergie. Ce projet lui tenait à cœur depuis de très nombreuses années, puisque dès l’âge de 20 ans, il a eu la conviction que de brûler des énergies fossiles allaient conduire à un réchauffement climatique et qu’il fallait pour s’en préserver d’une part trouver une façon de recycler le carbone émis et d’autre part développer des énergies absolument renouvelables.

A l’age de 20 ans, il a ainsi commencé à acheter des parcelles forestières et en possède aujourd’hui 80 ha bois sur les communes de Saints, Beautheil, Amillis, Touquin, Mouroux et Coulommiers dans le département de Seine-et-Marne. Pour une rentabilité immédiate, il a opté pour commencer pour la fourniture de bois de chauffage en bûches car il existe un marché local. Aujourd’hui, il envisage d’étendre son activité à la production de plaquettes voire de granulés.

La ferme utilise du matériel adapté à la taille des parcelles, photo Rémi FoucherUn aspect un peu spécifique de son projet est l’utilisation de matériel agricole transformé pour le rendre apte aux conditions d’exploitation forestière. En effet, contenu de la petite taille des parcelles, le matériel d’exploitation forestiers classiques n’est pas adapté et d’un coût trop élevé pour un investissement initial.

En tant que sylviculteur déclaré auprès de la chambre d’agriculture de Seine-et-Marne, son activité consiste donc à gérer et exploiter des parcelles forestières, à reboiser des friches ou d’anciens vergers abandonnés, à améliorer des peuplements existants pas sélection de sujets d’avenir. L’étape de sélection devra dégager par les coupes programmées des revenus tirés du bois de chauffage destiné au marché local, ou de bois d’oeuvre de qualité moindre. La ferme s’occupe également de restructurer le petit parcellaire par des achats ou des échanges en vue d’une exploitation plus rationnelle.

Une petite équipe qu’il faut faire vivre !

L’équipe actuelle est composée de 4 salariés : 1 ouvrier de sylviculture polyvalent en charge de la sélection des sujets et des coupes, 1 ouvrier mécanicien agricole et TP chargé de la maintenance du matériel et de la transformation de matériels agricole et TP en outils plus spécifiques des actions sylvicoles, de la conduite des engins mécanisés, et 2 salariés chargés de la construction de bâtiments d’exploitation et de maintenance.

Parc de matériel de la ferme forestière de Beautheil, photo Rémi Foucher

Parc de matériel de la ferme forestière de Beautheil, photo Rémi Foucher

Car des infrastructures, il en faut beaucoup : 180 m2 de bâtiments de maintenance terminés, 150m2 de locaux administratifs en phase de finition, 600 m2 de bâtiments de stockage de matériels (construits à 50%) et 2500 m2 de stockage de bois en projet.

La problématique actuelle de Rémi est que la viabilité d’une équipe de deux salariés nécessite une superficie boisée de 200 hectares environ, or, il n’existe pas dans les 20 kilomètres autour de l’exploitation de massifs boisés de cette taille. Le maintien des deux emplois créés impose donc l’achat de plus petites parcelles, de façon à obtenir soit un regroupement soit permettre un échange secondaire. Son objectif dans les cinq années à venir et donc l’augmentation de la taille de l’exploitation jusqu’à un minimum de 200 hectares pour assurer la pérennité de la structure.

Une autre solution envisagée se mettant en place actuellement sur le nord Seine et Marne est la création d’un groupement d’employeurs forestiers. La surface de 200 hectares nécessaire à la pérénite de l’emploi pourrait ainsi être atteinte par plusieurs propriétaires se partageant ainsi le temps de travail d’un ouvrier forestier.

Les propriétaires forestiers de Seine et Marne soucieux de revitaliser leurs petites parcelles sont invités à se manifester !

Contact : Rémi Foucher  – rfoucher@wanadoo.fr

Lire également l’article du Pays Briard du 24 avril 2015 : www.lepaysbriard.fr