La production de biomasse-énergie se marginalise en Guadeloupe

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La centrale électrique du Moule en Guadeloupe

La centrale électrique du Moule en Guadeloupe

Dans son rapport 2015 sur les chiffres de l’énergie en Guadeloupe en 2014, l’Observatoire Régional de L’Energie et du Climat observe une stabilisation des consommations d’énergie depuis 2010, et observe en même temps, malgré une progression exceptionnelle des énergies renouvelables, un niveau d’émissions de CO2 qui demeurent élevé. Avec les carburants fossiles de transport, le recours massif au charbon depuis 2011 (28% du mix électrique en 2014) et du fioul (53% du mix électrique en 2014) est à l’origine de cette situation. 

Portant, sans parler des solutions de carburants renouvelables (biogaz, biocarburants), le charbon et le fioul pourraient facilement être remplacés dans la production électrique par le combustion de la biomasse et des déchets ménagers. En chaudières neuves comme en chaudières réaménagées ou encore en co-combustion, de nombreuses solutions techniques existent.

Contribution des énergies renouvelables en Guadeloupe

Contribution des énergies renouvelables en Guadeloupe

On observe ainsi une stagnation de la masse de biomasse utilisée depuis de nombreuses années, alors que les autres énergies renouvelables progressent, ce qui mécaniquement réduit la part de la biomasse. Parallèlement, en 2014, le taux de dépendance énergique est égal à 89%.

Répartition de la part de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables dans le mix électrique depuis 2007. Cliquer pour agrandir.

Répartition de la part de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables dans le mix électrique depuis 2007. Cliquer pour agrandir.

Bagasse, photo MSPA

Bagasse, photo MSPA

Zoom sur la bagasse

La bagasse est le résidu ligneux de la canne à sucre utilisé par les centrales thermiques pour la production d’électricité.

La production d’électricité à partir de bagasse a débuté en 1999 et représente, en 2014, 3,5% de la production totale d’électricité soit 60 456 MWh. La baisse notable de production d’électricité à partir de bagasse entre 2012 et 2013 (-26%) est corrélée au tonnage de cannes manipulées qui a été considéré comme l’un des plus faibles de la décennie. En 2014, la production a retrouvé son niveau moyen antérieur. Il faut en effet remonter à 1998 pour atteindre un tonnage inférieur (42 238 tonnes de cannes manipulées) à celui de 2013.

Depuis la récolte 2010, une prime bagasse est accordée aux planteurs pour les cannes livrées à la sucrerie de Gardel dont la bagasse sert à produire de la vapeur pour la sucrerie et de l’électricité. Cette rémunération est due au titre de la valorisation de la biomasse comme ressource énergétique. (source IEDOM, rapport annuel 2013).

Production électrique à partir de bagasse depuis 2007 en MWh

Production électrique à partir de bagasse depuis 2007 en MWh

La biomasse et le biogaz de la distillerie Bologne

À ce jour, seule la distillerie Bologne livre sur le réseau une production d’électricité issue de la valorisation de la bagasse mais également de la méthanisation de ses vinasses. La production d’électricité à partir de biomasse a débuté à partir de 2010. L’exploitation du biogaz a débuté en 2012. L’électricité livrée sur le réseau est l’électricité en surplus. En effet, la distillerie Bologne autoconsomme sa production pour ses propres besoins d’énergie. Cela explique les fortes variations interannuelles de livraison d’électricité au réseau.

Production électrique à partir de biogaz et de biomasse depuis 2010 en MWh

Production électrique à partir de biogaz et de biomasse depuis 2010 en MWh

>> Pour en savoir plus, télécharger le rapport complet de l’Observatoire Régional de L’Energie et du Climat

Frédéric Douard