Produire du biométhane à partir d’algues brunes

Grandes algues brunes, photo Frédéric Douard

Dans la course aux alternatives énergétiques, une équipe de chercheurs européens est en train d’explorer la piste des algues brunes pour produire des biocombustibles ou biocarburants. Les algues brunes ne nécessitent que très peu de nutriments et peuvent produire jusqu’à une tonne de masse végétale par hectare et par an. Un rendement bien supérieur par rapport aux plantes cultivées en terre. On trouve des algues brunes en abondance et leur production n’entre pas en compétition avec la culture de plantes alimentaires.

Le projet se nomme SEAWEED AD (Anaerobic Digestion of seaweed for biofuels) et pendant 24 mois, il a mobilisé une équipe du Centro de Ciências do Mar do Algarve au Portugal, appuyée par des partenaires écossais. L’équipe a mis en avant la rentabilité des techniques de digestion anaérobie, pour la production de biométhane.

L’équipe a étudié le contenu génétique d’une multitude d’échantillons (méthode dite méthagémonique) afin de sélectionner le milieu optimal pour la culture des algues ainsi que les meilleures méthodes d’extraction de méthane à partir de la leur fermentation. Outre ces particularités, les composants bioactifs engendrés par l’hydrolyse enzymatique des protéines par les bactéries pourraient constituer une valeur ajoutée comme produit pharmaceutique pour les cosmétiques.

Toutefois, le défi a été difficile à relever. Les chercheurs ont dû élaborer une méthode de fermentation et de désintoxication spécifique. Il s’agit de faire de produire du méthane à partir de déchets organiques. Les chercheurs ont établi que l’hydrolyse de certains polysaccharides est un facteur limitant dans le processus de digestion, et donc dans la production de méthane. Afin d’augmenter ces rendements, les chercheurs ont introduit des micro-organismes (bactéries et acariens) issus de ruminants, de lixiviat et de boue marine.

Autre difficulté : les phlorotannins, type de tannin que l’on trouve dans les algues brunes et qui peuvent s’avérer toxiques. L’équipe a réussi à neutraliser ces toxines grâce à un procédé combinant extraction et précipitation afin d’obtenir un produit aux propriétés contrôlées.

Pour l’instant, ces recherches prometteuses n’en sont qu’au stade de techniques de laboratoires. Le projet a été financé jusqu’à maintenant par le programme Européen FP7-PEOPLE. Afin que les algues puissent être utilisées un jour comme carburant alternatif et contribuer à l’économie, le laboratoire du Centro de Ciências do Mar do Algarve souhaite développer et industrialiser le projet.

Contact : Joao Varela, Centre des Sciences Marines, Université d’Algarve : jvarela@ualg.pt

Site du projet : www.gcu.ac.uk/seaweedforbiofuels

Origine : BE Portugal numéro 65 (25/03/2015) – ADIT – www.bulletins-electroniques.com