EDF devrait construire une centrale à biomasse de 46 MWé en Côte d’Ivoire

Les coques de noix de palmier à huile figureront sur la liste des combustibles de la centrale Biokala

Les coques de noix de palmier à huile figureront sur la liste des combustibles de la centrale Biokala

Le premier groupe agro-industriel d’Afrique de l’Ouest, SIFCA, et l’électricien français EDF ont signé le 22 septembre 2014 à Paris, un protocole d’accord pour la construction et l’exploitation d’une centrale électrique alimentée par de la biomasse. D’une puissance installée de 46 MWé (sur un total de 1 632 MW sur l’ensemble de la Côte d’Ivoire), cette centrale sera située dans la région d’Aboisso, à une centaine de kilomètres à l’est d’Abidjan. Le lancement est prévu en 2015. 

Ce projet initié par David Billon, administrateur du Groupe SIFCA, sera une première sur le continent africain. Cette unité sera par ailleurs, d’après ses promoteurs, la plus importante centrale à biomasse dans le monde exclusivement alimentée par des résidus de palmiers à huile.

« Ce projet appelé Biokala répond à deux défis africains, et notamment ivoiriens : valoriser la biomasse générée par les activités agro-industrielles et répondre aux besoins en énergie dans un continent où le taux d’électrification est de moins de 40% », explique David Billon.

L’Afrique possède actuellement une puissance installée de seulement 125 GW. La demande d’électricité va être multipliée par six d’ici à 2040. Pour atteindre d’ici là un taux d’accès à l’électricité de 69% et connecter au réseau électrique 800 millions d’Africains, l’investissement annuel nécessaire est estimé à 39 milliards de dollars, selon le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), contre moins de 10 milliards de dollars actuellement.

« La biomasse collectée constituera par ailleurs une source de revenus complémentaires pour les planteurs de palmiers à huile, ce qui permettra de financer leur approvisionnement en engrais ou une assistance technique afin d’améliorer les rendements. Nous pouvons parler d’un bonus environnemental », ajoute-t-il.

En Côte d’Ivoire, avec plus de 200 000 emplois réguliers, la filière huile de palme fait vivre près de 2 millions de personnes, soit 10% de la population. Le pays compte 160 000 hectares de plantations villageoises (le rendement moyen est de 8 tonnes de régimes à l’hectare) et 50 000 de plantations industrielles (16 tonnes à l’hectare). En Afrique de l’Ouest, l’huile de palme est la plus consommée.

Sur 25 ans, cette centrale à biomasse pourrait créer entre 700 et 800 emplois, directs et indirects (principalement pour la collecte de 400 000 tonnes de résidus par an), dégager une trentaine de millions d’euros de revenus supplémentaires dans la filière et favoriser le renouvellement des plantations sur 60 000 hectares. Enregistré à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC), Biokala va aussi générer 160 000 tonnes de crédits-carbone par an.

« SIFCA a voulu et porté ce projet car il est à l’image de ce que peut apporter l’Afrique : des solutions innovantes pour produire une électricité compétitive avec une énergie non fossile et durable », explique Alassane Doumbia, Vice-Président de SIFCA. « Nous sommes très heureux qu’un partenaire comme EDF envisage de nous rejoindre car il offre un savoir-faire de très haut niveau », conclut-il.

Ce protocole d’accord reste soumis à l’approbation des instances de gouvernance des deux parties qui se donnent un an avant de finaliser un accord de partenariat et un plan de financement.

Groupe privé ivoirien, SIFCA est spécialisé dans le domaine agro-industriel depuis 1964. Il est présent depuis l’exploitation des plantations jusqu’à la transformation et la commercialisation, sur la chaîne de valeur de l’huile de palme, du caoutchouc naturel et du sucre de canne. Fort de 30 000 employés, le Groupe est présent dans six pays (Côte d’Ivoire, Liberia, Ghana, Sénégal, Nigeria, France), avec dix filiales, dont certaines sont cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan (BRVM) et celle de Paris. En 2013, le chiffre d’affaires de SIFCA s’est établit à 511 milliards de francs CFA (779 millions d’euros) pour un bénéfice net consolidé de 24 milliards de francs CFA (36,5 millions d’euros).