La recherche planche sur le bois-énergie

Plaquettes forestières, photo ADEME

Plaquettes forestières, photo ADEME

« La forêt française est la quatrième plus grande forêt d’Europe et la seconde en volume de bois. Néanmoins, elle demeure encore largement sous-exploitée : environ 50% de la production nette annuelle est prélevée. Or la biomasse, dont la forêt et le bois, a un rôle majeur à jouer, puisqu’elle devrait représenter 50% des objectifs à atteindre pour les énergies renouvelables en 2020 ». Damien SIESS, Directeur adjoint, direction Production et Énergies durables à l’ADEME.

PREMIER ENJEU : RELEVER LE DÉFI DES ÉNERGIES RENOUVELABLES EN PRÉSERVANT NOTRE FORÊT

Avant même de songer à son exploitation, il est nécessaire de mieux connaître l’écosystème forestier, complexe et fragile. Le programme de recherche Reacctif-Recherche sur l’atténuation du changement climatique par l’agriculture et la forêt de l’ADEME est ainsi dédié au développement des connaissances sur la contribution de la forêt à l’équilibre climatique, en particulier les facteurs pouvant affecter les capacités de celle-ci à séquestrer du carbone.

La gestion forestière est orientée en premier lieu vers la production de bois d’oeuvre, dont la valeur économique est la plus intéressante. La production de matières combustibles découle de celle du bois d’oeuvre fourni par le tronc. Les autres parties des arbres alimentent les filières d’énergie, de pâte à papier, de panneaux… Ainsi, plus de bois-énergie implique d’extraire plus de bois d’oeuvre et nécessite d’en favoriser les débouchés. Or le marché européen s’est construit autour de l’exploitation de résineux, alors que la forêt française est majoritairement composée de feuillus. Des recherches sont donc nécessaires pour développer des solutions innovantes et compétitives à base de ce bois.

Exploitation forestière, photo Arnaud Bouissou, MEDDE-MLET

Exploitation forestière, photo Arnaud Bouissou, MEDDE-MLET

La contribution de l’ADEME à l’Era-Net WoodWisdom participe de cette dynamique. De premiers travaux de recherche (le projet EU Hardwood, par exemple) vont permettre de préciser le champ d’utilisation des feuillus en tant que produits reconstitués de construction, poutres ou panneaux, en substitution de résineux. Le projet Varma-Value added by optimal wood raw material allocation & processing a été l’opportunité pour l’Agence d’accompagner l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement, en expérimentant la création d’un Centre d’allocation des bois (CAB) pour une meilleure adéquation entre fournisseurs et clients.

Quant aux bonnes pratiques d’exploitation forestière, de nombreuses questions subsistent. Le devenir des rémanents en fait partie.

SECOND ENJEU: ACCOMPAGNER LE DÉVELOPPEMENT D’UNE FILIÈRE PERFORMANTE ET PROPRE

Les priorités de recherche de la filière bois-énergie ont d’abord visé la performance énergétique des appareils domestiques et des chaudières collectives. À la fin des années 2000, l’appel à projets BIP-Bioressources Industries et Performance a élargi son périmètre pour couvrir le développement et l’optimisation de produits ou de procédés à haute qualité énergétique et environnementale, depuis la préparation du combustible jusqu’à la gestion de résidus de combustion. Ces projets sont conduits par des consortia de chercheurs et d’industriels pour faciliter la mise sur le marché.

Combustion du bois, photo Bernard Suard, MEDDE-MLET

Combustion du bois, photo Bernard Suard, MEDDE-MLET

Concernant les émissions issues de la combustion de bois-énergie, l’ADEME a soutenu dès le milieu des années 2000 des recherches pour limiter les émissions dans leur ensemble et plus particulièrement les émissions de particules. Le Plan national santé environnement 2 (PNSE2) fixe un objectif de diminution de 30% d’ici à 2015 des concentrations de particules fines dans l’air ambiant et des émissions dans l’air et l’eau de substances toxiques. Ceci a conduit l’Agence à mettre en place en 2011 un programme de recherche dédié, Cortea-Connaissances, réduction à la source et traitement des émissions dans l’air.

Enfin, des recherches sont menées pour évaluer les différents modes de valorisation des cendres issues de la combustion. Le projet Respire-Récolte des menus bois en forêt : potentiel, impact et remédiation par épandage de cendres porte sur l’épandage des cendres en forêt, et le projet CeraCendres étudie l’utilisation des cendres comme matière première pour l’industrie céramique.

ADEMEContacts :

  • marina.boucher@ademe.fr
  • florence.proharam@ademe.fr
  • caroline.rantien@ademe.fr

>> Télécharger la Lettre Recherche n°8 de l’ADEME (Pdf 598 Ko – 01/09/2014)