Statistique forestière en Suisse, plus de bois pour la transition énergétique

Un article des autorités fédérales suisses

Ballots de bois de chauffage en Argovie, photo Frédéric Douard

Ballots de bois de chauffage en Argovie, photo Frédéric Douard

L’augmentation de la récolte de bois en 2013 dans les forêts suisses est liée à la demande croissante de bois-énergie. Toutefois, même si la situation économique des exploitations forestières s’est améliorée, nombre d’entre elles affichent encore des pertes : c’est ce que mettent en évidence la statistique forestière et le réseau d’entreprises forestières pilotes (REP) 2013 de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) et de l’Office fédéral de la statistique (OFS).

En 2013, dans les forêts suisses, l’abattage de bois a augmenté de près de 3% par rapport à l’année précédente. La statistique forestière actuelle indique que la récolte totale est de 4,78 Mm3); l’augmentation enregistrée s’élève ainsi à près de 120 000 m3 de bois. Cette légère hausse est due à la demande croissante d’énergie bois. En effet, par rapport à 2012, la quantité de bois utilisée à des fins énergétiques s’est accrue de 8%. Au cours des dix dernières années, le volume de bois récolté a augmenté pour atteindre quasiment 60%. Le bois, matière première renouvelable au bilan carbone neutre, contribue ainsi de plus en plus à la réalisation des objectifs du Conseil fédéral en matière de politique énergétique. Le potentiel d’exploitation du bois peut encore être développé sans que la durabilité des forêts suisses ne soit menacée.

Alors que dans les forêts publiques appartenant à des communes et à des coopérations la récolte de bois n’a que peu augmenté, dans les forêts privées, elle a enregistré une hausse de près de 7%. Le canton de Berne arrive en tête avec 930 000 m3 (+8%); il est suivi par le canton de Vaud avec 466 000 m3 (+1%) et le canton des Grisons avec 433 000 m3 (+9%).

Amélioration de la rentabilité

Les exploitations forestières suisses on pu réduire le risque de découvert à 26% (43 millions de francs) grâce à une légère augmentation des bénéfices issus de la vente du bois ainsi qu’à une faible baisse des coûts de récolte et à un accroissement des recettes liées à la production de biens et de prestations. Selon le REP, les propriétaires de forêts en Suisse ont enregistré en 2013 une perte moyenne de 7 francs par m3 de bois. Si l’on tient également compte des coûts liés à l’entretien des forêts, à la desserte forestière, aux prestations en faveur de la fonction sociale de la forêt, à l’infrastructure et à l’administration, le découvert se monte en moyenne à 14 francs par m3 de bois. Alors que sur le Plateau et dans le Jura le produit de la récolte de bois a suffi à couvrir les frais, la récolte ainsi que l’entretien des forêts de montagne et de protection seraient irréalisables sans la contribution des pouvoirs publics.

Une récente étude menée dans le cadre du plan d’action bois a analysé la chaîne de valeur ajoutée de l’économie forestière et de l’industrie du bois en Suisse. Elle recommande la réalisation de mesures qui peuvent améliorer la situation de l’économie forestière.

Récolte de bois difficile en raison d’un hiver doux

En Suisse, l’automne 2013 a été humide et l’hiver 2013-2014 s’est révélé le troisième plus chaud depuis le début des mesures il y a 150 ans. Vu que le sol forestier était détrempé à cause des pluies, la récolte mécanique du bois a parfois dû être interrompue. Les hivers plus doux et plus humides annoncés par les prévisionnistes pour cause de réchauffement climatique mondial sont un réel défi pour l’économie forestière et l’industrie du bois en Suisse. À moyen terme, de nouvelles procédures et processus pour une récolte efficace du bois et pour la logistique en aval pourraient être nécessaires.

Auteurs :

Frédéric DOUARD

Frédéric DOUARD : rédacteur en chef du magazine Bioénergie International, animateur du Portail francophone des bioénergies. Pour me contacter : fdouard arobase bioenergie-promotion.fr

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