Indicateur 2009 du marché des forêts en France

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Forêt de Tramayes, photo Frédéric DOUARD

Paris, le 20 mai 2010 – Laurent Piermont, Président-directeur général de la Société Forestière et André Thévenot, Président de la Fédération Nationale des Safer, ont présenté aujourd’hui l’Indicateur 2009 du marché des forêts en France.

Le marché s’est contracté de 21 % en 2009, révèle l’étude réalisée par la Fédération Nationale des Safer et Terres d’Europe-Scafr avec la Société Forestière. Sa valeur passe sous la barre du milliard d’euros (860 millions d’euros) pour la première fois depuis 3 ans.

Les prix résistent néanmoins : l’indice biennal des forêts (2008-2009) est de + 0,9 % en euros courants. Cette stabilisation intervient après douze années de hausse continue.
« Si le marché de la forêt a ressenti en 2009 les effets d’une crise financière et économique sans précédent, à laquelle se sont ajoutées les conséquences de la tempête Klaus, indique Laurent Piermont, son attractivité ne s’en trouve pas remise en question, au contraire. La résistance du marché de la forêt s’explique notamment par sa qualité de valeur refuge, moins risquée que d’autres placements.
Par ailleurs, l’essor croissant de la filière bois-énergie et tout particulièrement le marché du granulé bois, offrent des perspectives de développement durables pour notre secteur d’activité ».
André Thévenot précise : «Face au morcellement de la propriété et conscientes des fonctions essentielles que remplit la forêt (bois-énergie, bois d’œuvre, stockage du carbone, loisirs et chasse, paysage), les Safer entendent participer, en collaboration avec les syndicats de propriétaires et les professionnels de la filière forestière, à la restructuration du parcellaire forestier français, pierre angulaire d’une meilleure valorisation de la ressource. »

Le marché se ferme et les prix résistent
Après 15 années de progression quasi continue, les transactions accusent une baisse de 21 % de leur volume : seuls 93 000 ha ont été échangés en 2009, contre 118 000 ha en 2008.
La valeur du marché enregistre également un retrait : évaluée à 860 millions d’euros, elle repasse sous la barre du milliard d’euros pour la première fois depuis 3 ans. La baisse est de 27 % par rapport à 2007.
Cette contraction du marché est à replacer dans le contexte de crise financière et économique qui a notamment entraîné en France une régression du secteur de la construction de plus de 17 % par rapport à 2008. Les ravages causés par la tempête Klaus dans le grand Sud-Ouest le 24 janvier 2009 sont venus s’ajouter à cette récession.
L’évolution de l’indice du prix moyen biennal des forêts (2008-2009) est de + 0,9 % en euros courants. Cette stabilisation de l’indice tranche par comparaison aux années précédentes de fortes hausses (+ 7,1 % pour 2007-2008 et + 8,5 % pour 2006-2007) et à la progression continue des prix depuis 1997.

Les transactions sur les biens bâtis résistent mieux
La contraction du marché a affecté plus particulièrement les biens de plus de 50 ha qui subissent une chute de 32 % du nombre de transactions et de 36 % des surfaces échangées, alors que nombre de transactions et surfaces échangées des biens de moins de 50 ha diminuent respectivement de 8 % et 9 %.
Les biens bâtis ont, quant à eux, mieux résisté que les biens non bâtis à la contraction du marché puisqu’ils enregistrent une baisse deux fois moins forte en nombre (- 4 % contre – 9 %) et en surface (- 12 % contre – 24 %).

Les personnes morales, dont les groupements forestiers, deviennent les premiers acquéreurs du marché des forêts
En 2009, les personnes morales ont acheté 44 % des surfaces et renforcé leur patrimoine de 10 000 ha. Elles sont présentes en particulier sur le marché des biens de plus de 100 ha, sur lequel elles vendent 64 % et achètent 71 % des surfaces (biens forestiers hors biens mixtes).
Les agriculteurs, qui sont restés actifs sur les transactions en 2009, renforcent également leur position, avec une part de marché en progression à la vente comme à l’achat. Leur solde est de + 7 000 ha en 2009.
Les personnes physiques non agricoles se sont quant à elles massivement retirées du marché, réduisant de 29 % en surface leur volume de vente comme d’acquisition sur le marché des biens forestiers.

Bois-énergie : le granulé bois, un nouveau marché dans la filière bois
En France, grand pays forestier, le potentiel offert par le développement de la filière bois-énergie est important et celui-ci est fortement encouragé par les pouvoirs publics dans le cadre du recours croissant aux énergies renouvelables pour la production de chaleur.
Dans ce secteur encore peu organisé, le granulé bois ou pellet tire son épingle du jeu, en raison de plusieurs atouts : forte densité énergétique, simplicité de stockage et d’utilisation, résidus et émissions polluantes particulièrement faibles, prix inférieur au gaz et au fioul…
La filière du granulé bois se structure rapidement, avec une production industrielle en forte augmentation, un taux d’équipement en hausse – principalement des particuliers et des petits réseaux de chaleur – et un réseau de distribution couvrant progressivement l’ensemble du territoire.
La production de ce combustible peut ainsi offrir des opportunités de débouchés aux petits bois des forêts françaises, de valoriser les connexes de sciage et devrait donc avoir un impact favorable sur le prix du bois et plus généralement sur le marché de la forêt.

Communiqué de presse du 20 mai 2010 : www.forestiere-cdc.fr