La pertinence des réseaux de chaleur au bois en Wallonie

Livraison de bois déchiqueté, photo FRW

Livraison de bois déchiqueté, photo FRW

Le numéro de mars 2014 du bulletin wallon Renouvelle (Ren 62) avait consacré un article à la chaleur verte et aux réseaux de chaleur en mettant l’accent sur les difficultés rencontrées par cette filière. Les rédacteurs avaient alors promis de revenir sur la question pour analyser plus en détails la situation de terrain en Wallonie et envisager des pistes de développement. Anne-Marie Reggers (FRW) les y a aidés.

Jean CECH : Nous rendions compte, dernièrement, d’une étude universitaire tendant à démontrer que les réseaux de chaleur avaient globalement plus de pertinence dans des agglomérations densément peuplées que dans les petites localités. Or ce n’est pas ce qui se constate actuellement sur le terrain wallon ?

Déchiquetage en Walloie, photo FRW

Déchiquetage en Wallonie, photo FRW

Anne-Marie Reegers : Dans notre accompagnement du Plan Bois Energie & Développement Rural, (PBE&DR) nous constatons que la majorité des communes intéressées sont situées dans des zones forestières qui visent à valoriser ce potentiel. C’est ce qui nous a amenés à focaliser notre action sur les valorisations bois-énergie et les réseaux de chaleur. Outre l’enjeu énergétique, cela ouvrait aussi des perspectives nouvelles en matière sociale et environnementale. L’approche des réseaux de chaleur nous a semblé pertinente dans la mesure où ces communes ont dans leur patrimoine immobilier toute une série de bâtiments anciens qui sont et resteront longtemps encore de gros consommateurs de chaleur. Des écoles, des administrations communales, des centres culturels, des maisons de retraite, etc., dont on ne peut souvent espérer à court ou moyen terme de grosses améliorations de performance énergétique. On peut certes envisager des isolations plus poussées ou des remplacements de chassis, mais rarement un travail en profondeur sur l’enveloppe via une isolation par l’extérieur par exemple. Par ailleurs, comme vous le savez, les moyens des communes ne cessent de s’amenuiser.

J. C. : Mais des aides publiques ont été proposées…

A. M. R. : Effectivement, mais les enveloppes budgétaires ne sont pas non plus sans limite. Si vous considérez par exemple des appels à projets comme ceux d’UREBA exceptionnel, vous devez savoir que 2 300 dossiers ont été déposés! Chacun connaît la situation déplorable des bâtiments scolaires sur le plan énergétique. L’objectif n’est évidemment pas de concevoir des chaufferies collectives et des réseaux de chaleur pour alimenter des passoires énergétiques, mais de se donner le temps d’aborder de front l’ensemble des contraintes énergétiques, en ce compris l’augmentation des coûts énergétiques et la dépendance par rapport aux sources fossiles. Et, de ces points de vue, l’investissement réseau de chaleur a tout son sens pour les communes rurales.

apereJ. C. : Reste que l’amélioration attendue des performances énergétiques du résidentiel risque de les priver peu à peu de la clientèle des particuliers, non ?

… pour lire la suite consulter le bulletin Renouvelle n°63 d’avril 2014 de l’association APERE, p8 et 9.