L’hydrolyse acide de biomasse pour améliorer la production du biodiesel

Réacteur du centre de recherches sur les hydrocarbures de Thessaloniki

Réacteur du centre de recherches sur les hydrocarbures de Thessaloniki

Les biocarburants sont considérés comme une alternative importante aux combustibles fossiles. Un partenariat entre l’UE et l’Amérique latine a permis de concevoir d’importantes solutions pour exploiter durablement la biomasse afin de produire de manière rentable des biocarburants et d’autres composés chimiques de valeur. Les biocarburants pourraient réduire l’importation de carburants diesel. Ils ont d’autres avantages comme l’utilisation de davantage de déchets organiques et la réduction de l’impact de la production d’énergie sur le réchauffement planétaire. Cependant, une bonne partie des biomasses utilisées pour produire des biocarburants pose des problèmes techniques, économiques ou pour l’environnement lorsqu’il s’agit des moteurs diesel.

Des scientifiques d’UE et d’Amérique latine ont étudié des solutions à ces problèmes dans le cadre du projet DIBANET, financé par l’UE. Il visait à utiliser les déchets pour produire des biocarburants miscibles au diesel comme le lévulinate d’éthyle. L’équipe a étudié la conversion de biomasse en acide lévulique et autre produits (acide formique et furfural) pour produire ensuite le lévulinate d’éthyle.

La pyrolyse et la gazéification rapides produisent des intermédiaires intéressants qui peuvent être récupérés et traités plus avant pour produire des biocarburants de valeur comme du gaz de synthèse propre ou une meilleure bio-huile. Les chercheurs comptaient tirer parti des résidus des hydrolyses acides en appliquant des processus thermiques et catalytiques afin de produire une bio-huile directement miscible au diesel après un hydrotraitement. L’équipe a étudié les résultats de la pyrolyse des résidus d’hydrolyse acide, cherchant à les valoriser via la gazéification à la vapeur (catalytique ou non) afin de produire un syngas riche en hydrogène.

Le projet DIBANET a démontré que l’hydrolyse acide est importante pour fabriquer des biocarburants et des produits chimiques porteurs à partir de biomasse lignocellulosique. L’optimisation de l’industrialisation des procédés conduira à un rendement élevé en acide lévulique et furfural, de valeur plus élevée que l’éthanol, à partir d’une variété de biomasses. Ils serviraient ensuite à synthétiser des biocarburants.

En outre l’établissement de solides modèles cinétiques de la dégradation acide de la biomasse a révélé des faiblesses, que la commercialisation des solutions DIBANET permet de surmonter. Un brevet a été déposé pour le processus de traitement préalable. L’équipe a conçu un plan de transfert technologique pour l’UE et l’Amérique latine, qui inclut les implications politiques et les problèmes socioéconomiques.

Les scientifiques ont mis au point d’importantes méthodes pour réduire la dépendance de l’UE et de l’Amérique latine envers les importations de diesel fossile, améliorant ainsi la sécurité de l’approvisionnement en énergie et réduisant l’impact sur l’environnement. L’amélioration de la coopération entre les deux régions, en matière de biocarburants, est un autre avantage.

Contact : Pr Michael HAYES, Université de Limerick – Tél.:+35-361-202631 – michael.hayes@mic.ul.ie

Pour en savoir plusDIBANET