J’alimente ma chaudière à bois grâce aux 6 km de haie de mon exploitation

Jean-Jacques Pinguet devant son silo à bois déchiqueté

Jean-Jacques Pinguet devant son silo à bois déchiqueté

Témoignage de Jean-Jacques Pinguet, agriculteur à Conteville dans le Pays de Bray en Seine-Maritime, une région typique d’élevage et de bocage, recueilli par la Chambre d’Agriculture de Seine-Maritime.

Qu’est-ce qui vous a décidé à installer une chaudière à bois déchiqueté ?

C’est un ensemble de choses qui nous a orienté vers cette solution. Avant, nous avions une chaudière à bois bûche à alimentation manuelle. Celle-ci commençait à vieillir. Elle n’était pas très confortable puisque l’on ne contrôlait pas correctement la chaleur. Il fallait la rallumer manuellement tous les jours et transporter le bois. Il nous fallait quelque chose de plus automatisé. En parallèle, nous avons rencontré un vendeur de chaudière à bois déchiqueté lors du Festival de la Terre en 2007. J’ai longtemps discuté avec cette personne. Et enfin, lorsque l’on faisait des bûches, on brûlait chaque fois les petites branches que l’on ne valorisait pas. J’ai toujours trouvé que c’était un gâchis.

Quelles ont été les étapes suivantes du projet ?

Après avoir réfléchi, j’ai recontacté le vendeur de chaudières. Il m’a fait un devis en fonction de mes besoins en chaleur et de mes attentes. Nous avons réalisé des plans de l’installation en prenant en compte la localisation des bâtiments existants. J’ai également contacté Hubert Guérault, de la Chambre d’agriculture. Il m’a accompagné pour monter un dossier de financements et évaluer les besoins en bois et le gisement disponible sur la ferme.

Emondage de haies normandes

Emondage d’une haie

Quelles sont les caractéristiques de votre projet ?

La chaudière a été mise en service en avril 2009. Sa puissance est de 50 kW. Celle-ci est légèrement surdimensionnée par rapport aux besoins en chaleur. Elle sert à chauffer une maison d’habitation et son eau chaude sanitaire. Elle chauffe aussi l’eau utilisée dans l’installation du bloc traite. La consommation de bois s’élève à environ 22 t de bois sec par an, soit l’équivalent de 7 000 litres de fioul.

Quels sont les avantages et les inconvénients de cette installation ?

L’avantage principal est le confort et l’automatisation du système. La chaleur est disponible rapidement et la température reste constante tout le temps. Je ne vois pas d’inconvénient. Néanmoins, ces chaudières individuelles demandent un calibrage des plaquettes de qualité. Ceci est essentiel pour éviter de boucher la vis d’alimentation.

Avec quel bois alimentez-vous la chaudière ?

Chambre d'agriculture de NormandieJ’alimente la chaudière grâce aux 6 km de haies présentes sur mon exploitation. Elles sont taillées latéralement tous les 4 à 5 ans pour faciliter le passage des tracteurs. Cela permet également qu’elles s’allongent et qu’elles soient bien droites. Les haies sont coupées tous les 10 à 15 ans en fonction de leur type.

Origine : Bastien LANGLOIS CA 76 et Eddy CLERAN CA50 – Réseau Énergie des Chambres d’agriculture de Normandie