Bilan des projets de cogénération de biogaz identifiés en France en 2013

Le rapport, publié par l’ADEME en 2013 et mis en ligne tout début 2014 sur le site Sinoe, fait un bilan des unités issues de l’identification des projets biogaz par cogénération. Les données sont donc celles provenant de déclaration par les porteurs de projets au stade « demande de raccordement ». Il ne s’agit pas d’un état des lieux des unités construites. Cependant ce bilan des unités identifiées traduit bien l’état du parc qui est en cours de développement et des unités biogaz qui vont aboutir dans les prochaines années.

Répartition régionale des projets biogaz, ADEME

Répartition régionale des projets biogaz, ADEME

Les secteurs concernés par ce bilan sont les suivants :

  • les unités de méthanisation à la ferme,
  • les unités de méthanisation centralisée de codigestion territoriale,
  • les unités de méthanisation centralisée en collectifs agricoles,
  • les unités de méthanisation sur déchets ménagers,
  • les stations d’épuration des eaux usées urbaines (STEP),
  • les installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND).

En sont exclus :

  • les unités de valorisation biogaz déjà construites et en fonctionnement dépendant d’un arrêté tarifaire antérieur,
  • les projets de méthanisation à un stade initial et n’ayant pas encore réalisé de demande d’identification auprès de l’ADEME.

242 projets, tous secteurs confondus, ont été identifiés sur la période de juillet 2011 à juillet 2013.

La puissance électrique installée cumulée des unités identifiées, tous secteurs, est de 148 MWe pour une production électrique prévisionnelle de 1 025 882 MWh, soit un rendement moyen théorique de 33,4 % par rapport à l’énergie primaire déclarée.

Tableau récapitulatif des données clé par secteur de production de biogaz.

Tableau récapitulatif des données clé par secteur de production de biogaz.

Dans ce rapport de 60 pages, les données de chaque secteur de valorisation sont analysées en détails au travers de nombreuses cartes : lire ci-dessous un extrait de la partie « à la ferme ».

« 130 unités à la ferme ont été identifiées sur la période considérée. Le grand Ouest et la Lorraine sont les régions montrant le plus grand nombre d’unités à la ferme identifiées et représentent plus de la moitié. Ce sont aussi les premières régions à avoir été dotées d’un plan et d’une animation locale de développement du biogaz. Les unités à la ferme identifiées traitent environ 1 050 000 t de substrats. Les 4 régions les plus concernées restent la Bretagne, les Pays-de-la-Loire, la Basse-Normandie et la Lorraine. La moitié Nord de la France se distingue également nettement de la moitié Sud.

Le taux d’effluents d’élevage de 64% dépasse les 60% de l’arrêté tarifaire permettant d’accéder au maximum de la prime effluents d’élevage. Les cultures énergétiques, en incluant à la fois les cultures dérobées (CIVE) et les cultures énergétiques dédiées représentent 12 % de l’approvisionnement total du parc à la ferme identifié. Enfin, les autres substrats peuvent être très variés d’une installation à l’autre : résidus de cultures, cannes de maïs, menue pailles, refus d’alimentation, issues de silo…

Les coproduits d’industries, les déchets verts, les CIVE et les autres substrats comme les résidus de culture sont des substrats fréquemment utilisés par les unités de méthanisation à la ferme puisqu’environ 50% des unités les utilisent. En revanche, leur part dans l’approvisionnement, entre 3 et 8% de l’approvisionnement, met en évidence les limites de mobilisation de ces substrats à proximité d’une installation (approvisionnement local).

Les cultures annuelles représentent environ 30% des cultures énergétiques prévues à l’approvisionnement du parc d’unités à la ferme identifiée.

La puissance électrique installée cumulée des unités identifiées, secteur à la ferme, est de 29 MWe pour une production électrique de 219 000 MWh. La Bretagne, avec 26 installations à la ferme identifiées présente la plus grande puissance installée. La Lorraine, avec un nombre d’installations identique aux régions Pays-de-la-Loire et Basse-Normandie dispose d’une puissance installée 53% supérieure. Cette différence correspond à un approvisionnement plus méthanogène et moins dépendant des effluents d’élevage.

Les 30% d’énergie valorisée par substitution fossile sont essentiellement représentés par les postes habitations, élevage, activités agro-industrielle, et dans une moindre mesure, les serres. Les habitations et les élevages sont les premiers types d’usage de la chaleur sur les unités de méthanisation à la ferme avec toutefois un potentiel limité en quantité d’énergie thermique, à savoir environ 10%, pour chaque poste de valorisation. L’essentiel de l’énergie thermique valorisée correspond à des usages nouveaux. Le séchage, toutes activités confondues digestat, foin, bois, céréales, représente plus de la moitié de la chaleur valorisée sur les unités de méthanisation. Le traitement de digestat représente 37% de l’énergie thermique valorisée, et 25% des unités qui prévoient de recourir à ce type d’usage de chaleur. Ce bilan confirme la difficulté de bien valoriser la chaleur autour des projets à la ferme et davantage encore par substitution d’énergie fossile.

Valorisation thermique à la ferme, Ademe

Le rendement énergétique moyen du parc d’installations à la ferme identifiées, à un stade prévisionnel puisqu’en projet, est de 64% selon la définition tarifaire de l’arrêté du 19 mai 2011. Certains rendements énergétiques faibles et inférieurs à 55% peuvent s’expliquer parfois par l’inéligibilité des valorisations de chaleur en substitution électrique ou d’énergie renouvelable (Bois notamment pour les exploitations à la ferme).

La voie sèche reste aujourd’hui très peu développée. La moitié des unités à la ferme prévoient un traitement de digestat dont 45 unités prévoient au moins une séparation de phase. »

Contact : Julien THUAL – Service Prévention et Gestion des Déchets – Direction Consommation Durable et Déchets – ADEME Angers – julien.thual@ademe.fr

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1 réponse
  1. 14 janvier 2014

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