Bientôt du carburant végétal pour les flottes de navires au Danemark

Port de Frederikshavn, photo Morten Jensen

Port de Frederikshavn, photo Morten Jensen

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A partir du 1er janvier 2015, l’émission de gaz des navires devra être dépourvue de toute trace de sulfure, composé chimique dangereux pour l’environnement. Cette mesure s’inscrit dans l’annexe VI « Prévention de la pollution de l’air par les navires » de la convention internationale Marpol (acronyme de l’anglais pollution marine). Cette convention a été élaborée par l’Organisation Maritime Internationale (OMI), institution spécialisée des Nations Unies.

Dans ce cadre, deux options s’offriront aux gestionnaires de la flotte de la mer du Nord et la mer Baltique : équiper les navires d’outils permettant de purifier les gaz combustibles ou bien opter pour un carburant ne rejetant aucun sulfure. Ces changements représenteraient une hausse des dépenses annuelles de plusieurs centaines de millions d’euros. Dans l’optique de régulariser la flotte maritime danoise, un partenariat privé-publique entre le port de Frederikshavn, Steeper Energy et de l’Université d’Aalborg est en cours. Ce projet vise élaborer le premier bio-carburant maritime durable issu de végétaux, qui présente l’avantage de ne pas produire de sulfure et d’être renouvelable.

L’Université d’Aalborg conduit un programme de recherche sur la biomasse à des fins de production énergétique en collaboration avec l’entreprise Steeper Energy, qui va notamment mener des études pilotes à Alberta au Canada. Cette entreprise s’applique à innover dans le domaine des énergies durables (tant au niveau des nouveaux carburants que des infrastructures). Le port de Frederikshavn serait quant à lui, le lieu de production du biocarburant, une fois que les études auront abouties. Chaque année, plusieurs milliers de navires transitent par le port de Frederikshavn, qui en fait un des plus grands ports du Danemark et l’un des plus actifs. D’après Mikkel Seedorf Sørensen, le chef de direction du port de Frederikshavn, il s’agit d’un marché représentant plus de 900 milles tonnes de carburant par an. Cette innovation serait la porte ouverte à la commercialisation de ce procédé au Danemark.

Le ministre danois du commerce et des affaires étrangères, Nick Haekkerup, considère ce partenariat comme une aubaine d’un point de vue de la création d’emploi, de l’environnement et du commerce. L’amélioration des infrastructures étant une priorité au Danemark, le port de Frederikshavn constitue selon lui un cadre idéal pour lancer la production de carburant végétal.

Dans un premier temps, la production serait fixée entre 50 et 100 milles tonnes par an, ce qui ne couvrirait qu’une partie du marché potentiel. Pour l’heure, les matières premières proviendraient de Russie, des pays Baltiques ou même du Canada. A plus long terme, l’Université d’Aalborg analysera les conséquences de l’utilisation des matières premières locales (résidus de bois comme des copeaux, paille, taillis…) sur la qualité du produit avant de l’utiliser à grande échelle. Ce projet n’en est qu’au stade de l’étude de faisabilité et de la recherche de financements. Des investisseurs et partenaires sont invités à se joindre au projet pour la recherche en ingénierie.

Origine : BE Danemark numéro 38 (17/10/2013) – ADIT – www.bulletins-electroniques.com