Sécurité des silos à granulés de bois, la Suisse en fait-elle trop ?

Une note émanant de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI) en Suisse, inquiète les fabricants de chauffage aux granulés, les producteurs de granulés ainsi que les utilisateurs. Cette recommandation impose en effet qu’à partir de 10 m3, les entrepôts de granulés soient notamment équipés de portes vers l’extérieur ou de sorties latérales.

Martina Caminada de la commission proPellets.ch, rappelle dans le bulletin de juin 2013 de Energie Bois Suisse, que les granulés peuvent être aspirés, que des sociétés aspirent des granulés sur des distances horizontales atteignant 100 m et des différences de hauteur de 60 m ! Elle rappelle également que ces distances sont inférieures dans les entrepôts de granulés, le processus de remplissage exigeant des distances moindres. En cas d’urgence, il suffirait de placer un dispositif d’aspiration dans l’entrepôt.

La comparaison avec l’Allemagne et l’Autriche, pays très expérimentés en la matière, montre que les dispositions exigées en Suisse sont disproportionnées. Les normes européennes n’imposent aucune taille minimale aux ouvertures d’entrepôts, et les experts n’en voient pas la nécessité. Une analyse des normes et directives montre que la solution suisse est la plus contraignante en Europe et s’oppose aux réglementations internationales connues.

Christian Rakos, président de l’European Pellet Council, évoque des «coûts supplémentaires exorbitants» pour la réalisation de chauffages aux granulés et considère que ces prescriptions rendront impossible l’utilisation de granulés de bois.

La branche s’efforce de trouver un compromis pour un chauffage propre et sûr avec ce combustible renouvelable et pour des coûts raisonnables. Mais des règles n’assurant aucune sécurité supplémentaire et empêchant les constructions ne  sont pas acceptables.