Des scientifiques américains réclament plus de biocarburants qui ne concurrencent pas l’alimentation

L'usine d'éthanol cellulosique Poet à Emmetsburg dans l'Iowa

A l’occasion d’une consultation, l’Union of Concerned Scientists (UCS) aux Etats-Unis a demandé début avril 2013 à l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) de réduire la concurrence entre nourriture et carburant alors que celle-ci est en train de mettre en œuvre la norme sur les carburants renouvelables (RFS).

Le groupe scientifique a présenté sa recommandation dans les commentaires de la consultation sur les projets de volumes de biocarburants attribués par l’Agence pour 2013. La proposition 2013 de l’EPA prévoit en effet de compenser le déficit actuel de production des carburants cellulosiques, obtenus à partir de sources non alimentaires, comme le panic érigé (switschgrass) et les déchets, par des volumes plus importants de biocarburants à base d’aliments tels que le biodiesel et l’éthanol de canne à sucre, et ceci afin de rester dans l’axe des objectifs à 2022.

« La norme RFS a été conçu pour promouvoir les carburants renouvelables qui ne concurrencent pas les produits alimentaires», a déclaré Jeremy Martin, chercheur principal du programme pour des véhicules propres de UCS. «Nous ne pouvons nous permettre des tensions supplémentaires sur nos approvisionnements alimentaires, en particulier lorsqu’il est prévu que la sécheresse se poursuivre jusqu’en 2013. »

Les marchés de l’huile de maïs, de sucre et de légumes sont serrés, a expliqué Martin, et donc toute augmentation des autorisations pour les biocarburants à base de nourriture va mettre la pression sur les prix alimentaires et accélérer l’expansion agricole et la déforestation.

Lors de sa création en 2007, la RFS prévoyait un objectif d’un milliard de gallons d’éthanol cellulosique pour 2013 (3,78 milliards de litres). Or le développement de cette filière non-alimentaire se déroule plus lentement que prévu en raison de la crise financière de 2008, et la production attendue pour 2013 n’est que de 14.000.000 gallons, et même si deux nouvelles usines sont en phase de démarrage

Dans ses observations, l’UCS exhorte l’EPA à adopter une gestion plus judicieuse du cadre politique RFS, avec notamment un plancher de  production de biocarburants cellulosiques qui passerait à 20 milliards de gallons en 2022.

«Les carburants cellulosiques offrent toujours la meilleure opportunité pour le remplacement de grandes quantités de pétrole sans perturber nos approvisionnements alimentaires», a déclaré Martin. « Avec l’efficacité des véhicules et d’autres technologies, les carburants cellulosiques peuvent nous aider à réduire notre consommation de pétrole projetée de moitié au cours des 20 prochaines années. »

L’UCS déclare que continuer à exiger la production de 36 milliards de gallons de biocarburants en 2022, malgré le retard constaté par des biocarburants cellulosiques, conduira à des conséquences environnementales et économiques graves qui ne sont pas en harmonie avec le climat, la sécurité énergétique, économique et autres objectifs de la RFS .

L’UCS précise qu’il existe suffisamment matières premières non alimentaires aux États-Unis pour répondre à l’objectif total de 36 milliards de gallons de biocarburants prévu par la RFS, mais que cela prendra plus de temps que prévu.

L’Union of Concerned Scientists réalise un travail scientifique rigoureux et indépendant pour résoudre les problèmes les plus urgents de la planète. Contact et source : www.ucsusa.org.

>> Voir la carte et la liste des usines d’éthanol cellulosique aux Etats-Unis.

Frédéric DOUARD

Frédéric DOUARD : rédacteur en chef du magazine Bioénergie International, animateur du Portail francophone des bioénergies. Pour me contacter : fdouard arobase bioenergie-promotion.fr

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