En France, les biocarburants occupent moins de 2,5 % des surfaces agricoles

Champs de colza en Champagne, photo Frederic Douard

Au moment-même où les opinions publiques et où l’Union européenne s’émeuvent du péril environnemental et social consécutif au changement d’affectation des sols vers le marché des biocarburants, une étude relativise la question. L’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, France AgriMer, dévoile en effet que la France consacre moins de 2,5 % de ses surfaces agricoles utiles (SAU) à la production de biocarburant, déduction faite des produits destinés à l’alimentation animale, et ceci selon une étude réalisée à sa demande par le cabinet Agrex Consulting.

La France produit par ailleurs essentiellement du biodiesel à partir du colza. Selon cette étude, réalisée à partir des données 2011 pour l’organisme statistique du ministère de l’Agriculture, l’Allemagne fait figure de championne en la matière avec près de 8,4% de sa SAU (16,9 millions d’hectares), dont 7,4 % dédié au biodiesel et 1 % au bioéthanol.

L’Allemagne se situe donc « loin devant les États-Unis » qui consacrent 3,5 % de leur vaste surface au bioéthanol de maïs sur une SAU de plus de 403 Mha. (La production d’éthanol absorbe aussi 41% des récoltes de maïs, selon le ministère américain de l’Agriculture).

Comparativement, le Brésil cède aux biocarburants 1,9 % de sa surface agricole (264,5 millions d’hectares), dont 1,2 % en bioéthanol de canne à sucre.

Au total, « la surface agricole consacrée à la production de biocarburants ne dépasse pas 0,6 % de la surface agricole utile à l’échelle mondiale, nette de la production de coproduit pour l’alimentation animale ».

Cependant, FranceAgriMer précise que la méthodologie retenue déduit des surfaces concernées par le carburant les « surfaces théoriques » nécessaires à la production des produits destinés à l’alimentation animale, tels que drèches et tourteaux.

Au sein de l’Union européenne, quelque 865.000 ha sont consacrés au bioéthanol (issu de céréales ou de betteraves) et 3,7 millions au biodiesel (à partir d’oléagineux dont le colza, majoritaire). Ce qui représente respectivement moins de 0,5 % et de 2 % de sa SAU.