Données de la filière biodiesel en France

Le tourteau de colza participe à l'auto-approvisionnement en protéines végétales pour l'alimentation animale, photo Proléa

En France, le biodiesel est produit à partir d’huile de colza et de tournesol sous le nom commercial de Diester®. Il est obtenu transestérification, réaction d’un alcool avec une huile végétale. Le mélange d’une tonne d’huile et de 100 kg d’alcool permet d’obtenir une tonne de biodiesel et 100 kg de glycérine. Les propriétés physiques du Diester sont proches de celles du diesel, ce qui permet de l’utiliser comme carburant. La glycérine végétale, quant à elle, est très recherchée par les industriels qui l’utilisent en pharmacie (médicaments, crèmes…) ou dans les cosmétiques (rouge à lèvres, dentifrice…).

Le biodiesel est présent dans 100% du gazole distribué en France depuis 1995. Le taux d’incorporation dans le gazole de « Monsieur Tout-le-monde » atteint aujourd’hui 7 % et plus de 8 000 véhicules de collectivités et entreprises utilisent le Diester en mélange au taux optimal de 30 % (www.partenaires-diester.com).

Le biodiesel français apporte un revenu aux 100 000 agriculteurs fournissent les graines de colza et de tournesol destinées au tourteau et à l’énergie Diester.  La consommation de biodiesel en France concerne 2,8 % de la Surface Agricole Utile sur 28,2 millions d’hectares.

Sept sites agro-industriels en France produisent le Diester. 12 000 emplois directs sont générés de l’amont agricole à l’aval industriel de la filière, grâce à une activité non-délocalisable répartie sur les territoires. 24 millions de conducteurs de véhicules diesel consomment chaque jour du biodiesel incorporé dans leur gazole.

Granulés de tourteaux de colza, photo Proléa

Le Diester agit contre l’effet de serre : il permet d’économiser des rejets de CO2 dans l’atmosphère. Selon une étude récente de l’ADEME, remplacer 1 litre de gazole par 1 litre de biodiesel de colza réduit de 59 %les émissions de gaz à effet de serre. L’utilisation du Diester en 2010 a évité le rejet de 5 millions de tonnes d’équivalent CO2 dans l’atmosphère, soit les émissions de plus de 1,3 million de véhicules diesel.

Chaque graine de colza ou de tournesol contient en moyenne 42 % d’huile et 58 % de matière solide. Cette matière solide, une fois compactée sous forme de granulés, s’appelle du tourteau. Ce dernier est très riche en protéines végétales et s’utilise dans l’alimentation des animaux. La consommation des tourteaux de colza et de tournesol évite l’importation de soja OGM, principalement en provenance du continent américain. La France s’auto-approvisionne en protéines végétales à hauteur de 55 % contre seulement 30 % pour l’Union européenne.