Ungersheim, village alsacien en transition énergétique

Le mouvement des villes en transition, lancé en Angleterre en 2006 par Rob Hopkins, regroupe les collectivités et communautés décidées à se préparer à l’après-pétrole. Adhérent au mouvement depuis 2011, Ungersheim (Haut-Rhin, 2 000 habitants) est un bel exemple de collectivité en transition vers l’après-pétrole au travers d’une approche globale.

Le projet est porté par les élus locaux et les habitants. Il s’agit en premier lieu d’assurer la résilience de la ville, afin que les perturbations liées à la pénurie d’énergies fossiles ne se fassent pas sentir. Pour garantir la réussite de cette transition, la commune met en place de nombreuses mesures visant à garantir son autonomie intellectuelle, énergétique et alimentaire.

L’autonomie dite intellectuelle sera assurée par l’intermédiaire d’une vraie démocratie participative. En 2009, la question « Comment voyez-vous Ungersheim en 2020 ? » a été posée, non pas à un cabinet d’urbanistes, mais aux habitants de la commune ! En outre, Ungersheim fait la promotion d’une citoyenneté à la fois locale et globale (soutien au commerce équitable, partenariats pour le développement des pays du Sud, création d’un centre accueillant des activités thérapeutiques, sociales et de formation…).

L’autonomie énergétique intègre l’abandon des pesticides dans l’entretien des espaces verts et le développement des énergies renouvelables et locales et de la maîtrise de l’énergie. Cela passe notamment par :

  • la mise en service le 27 décembre 2012 de la plus grande centrale solaire PV d’Alsace (2,2 MW) sur une ancienne friche minière ;
  • l’utilisation du solaire thermique pour le chauffage de la piscine communale et le financement de 200 euros pour les installations chez les particuliers ;
  • l’exploitation d’une chaufferie au bois desservant 7 bâtiments communaux ;
  • la réduction de 40 % de la consommation énergétique de l’éclairage public ;
  • l’acquisition d’un cheval utilitaire – Richelieu – pour le transport des enfants à l’école, les travaux d’entretien des espaces verts et les champs et d’un camion électrique de 4,5 tonnes.

Enfin, il est aussi question d’autonomie alimentaire : la commune a créé une exploitation maraichère biologique de 8 hectares et le restaurant scolaire sert tous les jours de la semaine des repas 100 % bio…

Et ce n’est pas tout : une réflexion est actuellement en cours concernant l’installation d’une centrale de méthanisation et la construction d’un éco-hameau.

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Article du CLER rédigé par Albert Ferrari

Crédit photo : didier.bier