Un fort potentiel énergétique pour les algues en Norvège

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L’Université des Sciences de la Vie (UMB) [1] d’As a hébergé fin novembre 2012 un workshop sur les algues auquel ont participé de nombreux scientifiques et autres acteurs européens. Le séminaire a été organisé par le réseau Nordic Algae Network [2], dont l’objectif est de renforcer la synergie et de faciliter la collaboration des acteurs nordiques (Norvège, Danemark, Suède et Islande) dans le domaine de l’utilisation des algues à des fins énergétiques et/ou commerciales, ainsi que par le projet BlueBio [3].

On estime aujourd’hui qu’il existe entre 30.000 et 1 million d’espèces d’algues différentes, chacune possédant ses caractéristiques propres. Dans un contexte de forte croissance de la population mondiale (9 milliards d’habitants en 2050), ces algues représentent pour certains une potentielle ressource renouvelable pour l’alimentation de l’homme ou des animaux d’élevage ainsi que pour l’approvisionnement énergétique. Les produits les plus souvent mentionnés sont le carburant biodiesel, les acides gras riches en oméga-3 pour l’alimentation de poissons d’élevage ou de crustacés, les engrais ou encore la masse sèche inflammable pour la production de chaleur ou d’électricité. Les algues peuvent également servir à la production d’hydrogène pour les piles à combustible, de compléments alimentaires pour l’homme ou l’animal, de médicaments ou d’alginate [4] (polymère utilisé comme épaississant, gélifiant, émulsifiant et stabilisant de produits industriels divers comme les gelées alimentaires, les produits de beauté, ou encore les peintures et les encres d’imprimerie).

15 millions de tonnes de macroalgues sont produites chaque année, majoritairement en Asie, dont 83% sont destinés à la consommation de l’homme (sushis, salades). En Norvège, de 150.000 à 200.000 tonnes sont récoltées chaque année et servent en grand majorité à la production d’alginate. La connotation négative liée à la consommation d’algues dans les cultures européennes représente un frein majeur. Physiquement, le manque de luminosité dans le nord de la Norvège représente également un obstacle technologique sérieux à l’augmentation de la production. La Norvège, cependant, de par la longueur de ses côtes et son expérience en biologie marine, est un pays propice au développement de cette activité, et la nécessité de subvenir à l’alimentation des poissons au sein d’une industrie piscicole importante pourrait être un élément déclencheur.

« A l’Aquaculture Protein Centre (APC) de l’UMB, nous étudions la production de solutions de rechange à l’alimentation de la pisciculture traditionnelle (farine de poisson), telles que la levure, le soja, les bactéries et les microalgues. Les expériences montrent que l’addition d’algues renforce le système immunitaire des poissons. Les algues annulent l’effet de substances nocives présentes dans l’alimentation à base de soja. Nous venons de présenter un dossier pour un financement de 10 millions de couronnes (environ 1,4 millions d’euros) au Conseil Norvégien de la Recherche (RCN) [5], en collaboration avec SINTEF [6]. », dit le professeur Hans Ragnar Gislerød [7] du Département des Plantes et Sciences Environnementales, en évoquant notamment les travaux du professeur Margareth Øverland [8].

Notes :

Origine : BE Norvège numéro 114 (15/01/2013) – Ambassade de France en Norvège / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71971.htm