18 oct. 2012 à Chambéry, Se chauffer au bois sans polluer, comment faire ?

La maison des énergies à Chambéry

L’ASDER organise une conférence-débat sur le sujet « Connaître les règles pour maîtriser la combustion du bois et limiter les poussières polluantes » jeudi 18 octobre à 20h00 à la Maison des énergies, dans le cadre de la fête de l’énergie :

  • la conception de l’installation (poêle à bûches, à granulés, chaudière automatique…).
  • la qualité du combustible.
  • l’usage et l’entretien du matériel.

Un zoom sera fait sur la qualité de l’air et les émissions de particules fines, nocives pour la
santé à 20 h à la Maison des énergies, 124 rue du Bon Vent à Chambéry, avec l’intervention de Julien ALLIROT, référent bois-énergie et qualité de l’air à l’AGEDEN.

Alain WEBER, Directeur de l’ASDER, donne son point de vue sur le sujet :
Plusieurs études menées sur la qualité de l’air ont pointé du doigt le chauffage au bois, en particulier
le bois bûche, comme l’un des principaux responsables des émissions de particules fines.
A la veille de l’hiver, nous sommes confrontés à un véritable dilemme : avec le coût élevé des énergies fossiles et de l’électricité, beaucoup de ménages ont (ou auront) recours à un chauffage d’appoint aux bûches et ce faisant risquent de participer à cette production d’émissions de particules… Or, selon le type d’appareil de chauffage au bois, l’émission de polluants sera très différente et pourra être réduite.
En 1er lieu, la cheminée ouverte ne doit plus être considérée comme un système de chauffage car plus de 80 % de la chaleur part dans le conduit et les émissions polluantes peuvent être jusqu’à 400 fois plus importantes qu’avec un poêle à granulé bien dimensionné.

Chaudière à bois bûche et ballon tampon, photo Energifrance

L’utilisation d’appareil « bûche », type « Flamme verte », permet de réduire significativement ces émissions seulement s’il fonctionne à plein régime : lors des phases de ralenti (beaucoup plus nombreuses qu’avec des appareils automatiques), la proportion d’imbrûlés augmente (donc les polluants).
Pour cette raison, l’utilisation d’une chaudière « bûche » doit systématiquement être couplée à un ballon d’hydroaccumulation, afin d’éviter ces phases de ralenti les plus émettrices et ainsi réduire les consommations de bois et l’entretien .
Pour les appareils indépendants (cuisinière, poêle, insert,…) un bon dimensionnent est primordial. Il ne faut donc pas rechercher un appareil qui permette de « tenir » toute la nuit (au ralenti) mais un appareil dont la puissance nominale ne crée pas de surchauffe importante dans la pièce où il est installé. Cela aura aussi l’avantage de ne pas goudronner le conduit ! Dans tous les cas, il faut toujours utiliser un bois bien sec.

En conclusion :

  • le bois bûche utilisé dans une habitation très bien isolée (BBC) avec un poêle performant, et/ou un système de filtration adapté, permet de limiter considérablement les quantités de particules et HAP (ex benzène) émis.
  • Il est urgent de favoriser le renouvellement du parc d’équipements anciens ayant des rendements de combustion très mauvais.
  • Une démarche de sobriété énergétique et une meilleure efficacité des systèmes de chauffage et d’isolation, permettent d’utiliser le bois comme source d’énergie avec un moindre impact sur notre environnement, sans risque de pénurie de la ressource, en développant une énergie locale et en agissant positivement contre le changement climatique.