Première mondiale, une bactérie transforme la biomasse en bioéthanol de 2ème génération

Deinove a annoncé le 13 septembre 2012, dans le cadre du programme DEINOL, que ses équipes de R&D et ses partenaires sont parvenus à isoler et optimiser une souche de bactérie déinocoque capable de produire de l’éthanol à partir d’une biomasse végétale industrielle à base de blé. Avec un titre en alcool supérieur à 3%, DEINOL dépasse le seuil fixé pour cette étape à visée de preuve du concept.

Cette prouesse technologique, obtenue grâce au déinocoque, pourrait répondre à un enjeu planétaire : substituer au carburant fossile un carburant renouvelable qui  préserve les ressources alimentaires.

L’intérêt industriel majeur de la solution DEINOL réside dans la capacité des bactéries déinocoques à dégrader les déchets verts complexes en sucres simples puis à les convertir en éthanol, le tout en une seule opération et sans additif (de type enzymes, levures, antibiotiques ou antiseptiques).

Ce succès d’étape s’est traduit par le versement de la troisième tranche du financement OSEO accordé au projet DEINOL dans le cadre du Programme ISI (Innovation Stratégique Industrielle), soit 1,15 million d’euros versé à DEINOVE. Le montant total versé à ce jour par OSEO à DEINOVE et ses partenaires est de 4,5 millions d’euros sur l’enveloppe globale de 8,9 millions d’euros de l’aide accordée par OSEO sur ce projet.

Alors que la production de bioéthanol est aujourd’hui limitée à la biomasse alimentaire et utilise des procédés anciens impliquant des étapes multiples et la fermentation à l’aide de levures, le procédé « tout en un » d’usine bactérienne fondée sur le déinocoque ouvre la voie à l’exploitation de la biomasse non-alimentaire (déchets de la filière agricole, biomasse végétale…) et à des procédés plus efficaces, plus propres et moins couteux.

« Au-delà du financement qu’il nous assure, ce résultat confirme l’intérêt de notre technologie de pointe pour transformer la biomasse en produits énergétiques et industriels. Il s’agit d’une première mondiale technologique dont nos équipes et nos partenaires peuvent s’enorgueillir : la bactérie déinocoque que nous avons optimisée s’est révélée non seulement capable de dégrader 80% de la biomasse végétale industrielle mais aussi de produire des quantités de bioéthanol conformes à nos ambitions. » souligne Jacques Biton, Directeur Général de DEINOVE. Il ajoute : « Nous entamons une nouvelle phase du projet, confiants à la fois dans notre capacité à atteindre les performances requises pour la phase finale d’industrialisation de DEINOL, et dans la diversité des champs d’applications de nos microusines bactériennes. »

Philippe POULETTY

« La filière du bioéthanol est résolument en marche vers la 2ème génération mais elle reste encore dans l’attente de son standard de production » rappelle Philippe Pouletty, Cofondateur et Président du Conseil d’Administration de DEINOVE. « Les résultats de DEINOL démontrent que DEINOVE, et avec lui son partenaire industriel TEREOS, sont à la pointe de cette course mondiale au standard et que ce procédé novateur pourrait offrir demain à la France l’opportunité de renforcer sa position sur ce marché crucial pour l’avenir. »

DEINOVE est le chef de file du projet auquel participent  le groupe sucrier TEREOS et sa filiale BENP Lillebonne (leader français et 2ème fabricant européen de bioéthanol) ainsi que deux laboratoires académiques, le CPBS (CNRS-Université de Montpellier 1) et le LISBP (INSA Toulouse/CNRS/INRA).

DEINOL, une rupture technologique majeure
En améliorant considérablement les performances économiques et écologiques de leurs installations, la solution DEINOL devrait offrir aux industriels de la filière du bioéthanol cellulosique de nombreux avantages compétitifs :

  • Un procédé stable et reproductible : une fois dans le fermenteur, les bactéries conservent leurs propriétés car leur génome reste stable du fait de leur propriété intrinsèques mais aussi grâce à l’approche de DEINOVE qui vise à guider la nature plutôt que la modifier. Dotées d’une grande robustesse, elles tolèrent également les stress physique et chimique qu’elles pourront rencontrer au cours du process industriel.
  • Un procédé haute température : la souche bactérienne est capable de transformer la biomasse entre 40 et 60°C, des températures inaccessibles aux procédés actuels (qui travaillent à 35°C et imposent de refroidir, à coût élevé, les réacteurs et de prévenir les contaminations microbiennes qui surviennent à ces températures à l’aide d’antibiotiques).
  • Une solution tout-en-un : la souche de déinocoque optimisée est multi-fonctionnelle, assurant successivement 1/ la dégradation des différents composants riches en sucres et en carbone de la biomasse végétale puis 2/ la fermentation alcoolique, sans l’aide d’additifs.
  • Une solution ouverte : au delà de l’amidon, les bactéries déinocoques de DEINOVE sont actuellement capables de digérer la cellulose et l’hémicellulose, ouvrant la voie à l’utilisation massive de biomasses végétales non alimentaires.
  • Une mise en œuvre simple et rationnelle : le procédé peut être mis en place sur des installations industrielles existantes, sans nouvel investissement majeur.

Le démarrage du pilote de laboratoire
Ce franchissement d’étape marque aussi le début de la phase d’industrialisation au cours de laquelle le procédé sera mis en oeuvre jusqu’à une échelle de quelques centaines de litres. Cette nouvelle étape sera menée par DEINOVE en étroite collaboration avec TEREOS et fait actuellement l’objet d’une large concertation entre les partenaires pour optimiser dès à présent le procédé. L’achèvement de cette phase de pilote de laboratoire sera marqué par un nouveau versement d’OSEO. TEREOS prendra ensuite le relais de DEINOVE pour valider le procédé à l’échelle industrielle dans une de ses usines en activité.