Les bioénergies au Japon, politiques publiques et R&D

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En 1997, en signant le protocole de Kyoto, le Japon s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 6% pour 1998. Depuis cette date, cet engagement pour l’environnement n’a jamais faibli. Au contraire il a été renforcé par les décisions prises par le gouvernement à la suite des événements tragiques qui ont frappé le Nord-Est du pays en mars 2011.

Il s’est concrétisé par la volonté, affichée par le Cabinet du premier ministre, de développer les différentes filières des énergies renouvelables, notamment en promouvant la construction de centrales géothermiques, en mettant en place des tarifs avantageux de rachats d’électricité verte, etc. Le développement de la filière « bioénergies » répond parfaitement à cette volonté, en ceci qu’elle permet la production à la fois d’électricité et de combustible liquide ou gazeux.

Les matières premières de ces bioénergies recouvrent une vaste gamme, allant des ordures ménagères aux copeaux de bois en passant par la paille de riz. Leur avantage principal réside dans le fait qu’elles dégagent le dioxyde de carbone qu’elles ont emmagasiné lors de leur croissance. De ce fait, leur bilan carbone est considéré comme neutre.

L’engagement pris par le Japon se matérialise sous la forme de nombreux projets de recherche menés soit par des instituts de recherche nationaux, soit au sein des universités. Mais cette volonté ne s’arrête pas à la porte des laboratoires. Elle mobilise les collectivités locales via le label de « biomass-town » qui est attribué aux villes s’engageant à développer la filière biomasse et à impliquer les citoyens dans cette dynamique. Les sociétés privées participent à ces actions en créant des pôles manufacturiers expérimentaux de biocarburants ou en incorporant des technologies utilisant les bioénergies dans leur fonctionnement quotidien. A travers tout l’archipel de nombreuses initiatives naissent et sont supportées par le gouvernement, ce dernier ayant voté le 26 août 2011 une loi visant à promouvoir l’usage des énergies renouvelables, et parmi elles, des bioénergies.

Cet engagement apparaît crucial et déterminant pour l’avenir du Japon à la lumière des événements récents survenus à la centrale de Fukushima Daiichi. C’est à la suite du 11 mars 2011 que les importations de carburants fossiles et de gaz naturel ont crû de manière significative, augmentant ainsi l’empreinte carbone du pays. De plus le Japon est particulièrement sensible à la fluctuation des prix des énergies fossiles en raison de l’absence quasi-totale de ressources pétrolières et de gaz naturel sur son territoire.

Prenant en compte le risque sismique élevé, ces facteurs ont poussé le gouvernement à réévaluer sa politique énergétique et plus globalement l’importance donnée au nucléaire. La volonté du Japon de développer la filière « bioénergies » est à rapprocher des initiatives prises par la France dans ce domaine : des recherches complémentaires existent dans les laboratoires hexagonaux.

Ce document a pour objectif de présenter clairement les initiatives gouvernementales, locales et privées dans le domaine des bioénergies ainsi que l’état de la recherche sur les biocarburants au Japon.

Auteurs :  CHARMIER Guillaume – DESTRUEL Pierre
Ambassade de France au Japon – 75 pages – 1/06/2012

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Origine : BE Japon numéro 622 (13/07/2012) – Ambassade de France au Japon / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70616.htm