Une étude du potentiel des briquettes de biomasse en Ouganda

GVEP a mené une étude sur le potentiel des entreprises de briquettes en Ouganda, en réponse aux préoccupations concernant la viabilité du marché des combustibles de biomasse, dans ce pays. Cette étude se penche sur les conditions dans lesquelles opèrent les producteurs ougandais de briquettes à petite et très petite échelle, ainsi que sur leur potentiel de croissance.  

Voici les principaux enseignements de ce rapport :

  • La demande en bois-énergie en Ouganda dépasse l’offre en biomasse, causant un déficit qui entraîne une rapide déforestation.
  • La récente augmentation du prix du charbon a créé un contexte économique favorable aux entreprises de briquettes à destination des marchés domestiques et institutionnels.
  • Une large proportion des entreprises de briquettes desservant le marché domestique utilise de la poudre de charbon de bois recyclé comme matière première, impliquant une dépendance au commerce du charbon qui n’est pas durable. Les déchets organiques solides municipaux et les résidus agricoles représentent une source plus durable de matières premières.
  • Les briquettes issues des déchets ne pourraient contribuer qu’à maximum 6% de la consommation totale de bois en Ouganda (ou 50% de la consommation de charbon) – limitée par les niveaux nationaux de déchets produits – de ce fait, elles ne peuvent être l’unique réponse aux préoccupations concernant la pérennité des ressources en biomasse du pays.
  • Il existe des opportunités de croissance à plusieurs niveaux. Les micro-entrepreneurs peuvent passer au statut de producteurs à petite et moyenne échelle (de 20 à 200 tonnes par an) en utilisant des machines disponibles localement. En attirant l’investissement approprié, des opportunités existent également pour les nouveaux entrants qui veulent ouvrir des usines de production à moyenne et grande échelle (de 200 à 2 000 et plus de tonnes par an), en se servant de matériels importés.
  • Les restaurants et des institutions comme les écoles, les prisons et les hôpitaux offrent un fort potentiel de stimulation des besoins en briquettes. Les marchés domestiques sont plus difficiles et moins intéressants à pénétrer d’un point de vue économique à cause du manque de sensibilisation et d’adoption auprès des ménages et également, en raison des coûts de distribution.
  • Les principaux défis qui limitent la croissance des petits producteurs de briquettes comprend : la capacité à maintenir la qualité du produit, l’accès aux technologies appropriées, les limitations en approvisionnement en matières premières, la sensibilisation des consommateurs et l’accès aux financements nécessaires.
  • Le Fonds de Garantie de l’Emprunt de GVEP International a prouvé que les investissements d’institutions commerciales pouvaient déboucher sur des entreprises de briquettes financièrement pérennes. Cependant, les investisseurs commerciaux sont généralement assez frileux envers l’industrie des briquettes et, il est fort probable qu’on ait toujours besoin des subventions de démarrage pour alimenter leur croissance.

Hamish Ferguson, auteur du rapport pour GVEP, a déclaré : « La biomasse a toujours été une source de carburant accessible et peu onéreuse pour la population ougandaise mais, il est peu probable que cela continue ainsi. Le niveau actuel de la demande, couplée à une exploitation non durable et à une mauvaise gestion des forêts, signifie que l’Ouganda s’approche, en quelque sorte, d’une crise de la biomasse. Tout ceci crée un contexte favorable à la production de briquettes et ce rapport s’interroge sur ce potentiel. GVEP soutient des producteurs de briquettes est-africains depuis 2008 et nous avons trouvé qu’il y a une marge de manœuvre considérable pour la croissance de cette industrie naissante ».

>> Télécharger le rapport (en anglais) : Le marché des briquettes en Ouganda.

Un article du GEPV, Mayda Bakri, le 28 février 2012

GVEP (Global Village Energy Partnership) travaille avec les entreprises des pays en développement pour augmenter l’accès à l’énergie moderne et améliorer la qualité de vie de milliers de personnes. A ce jour, presque un million de personnes ont bénéficié de ses programmes.