Des insectes xylophages au service des biocarburants lignocellulosiques

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Pour produire de l’éthanol à partir de la biomasse végétale fibreuse, il est nécessaire de rompre la barrière formée par la lignine et de transformer la cellulose contenue dans les parois des cellules en molécules de sucre. Celles-ci pourront ensuite fermenter et donner de l’éthanol. Ce processus, qui implique traditionnellement l’utilisation d’acide sulfurique dilué, dans des conditions de température et de pression élevées, est très couteux et peu écologique. Cependant certains enzymes, présents chez les organismes se nourrissant de bois ou de végétaux, pourraient rendre la conversion du bois en biocarburant plus rapide et moins énergivore, tout en produisant moins de déchets.

Une collaboration entre le groupe de biotechnologie industrielle de l’université technologique de Chalmers et l’Institut de recherche vietnamien FIRI (Food Technology Research Institute) a débuté à l’automne 2011 afin de découvrir de tels enzymes. Menée par Lisbeth Olsson du Wallenberg Wood Science Center et Vu Nguyen Thanh de FIRI, cette coopération est soutenue par SIDA, l’Agence suédoise pour le développement et la coopération.

La forêt tropicale vietnamienne étant riche en insectes capables de digérer efficacement les fibres végétales, les chercheurs espèrent trouver, dans les flores intestinales de ces organismes, de nouveaux enzymes qui pourront servir de catalyseurs dans l’industrie. Les chercheurs vietnamiens seront responsables de la collecte des enzymes sur le terrain tandis que leurs collègues de Chalmers se concentreront sur la caractérisation des enzymes et la mise au point de leur synthèse en laboratoire.

Si, en Suède, l’utilité première de ces enzymes sera de permettre la fabrication de différents biocarburants à partir des produits de l’industrie forestière, ceux-ci auront de nombreux usages. Ils pourront notamment être utilisés pour transformer des résidus agricoles et développer des produits chimiques et plastiques  » verts « . Du côté vietnamien, la recherche est également motivée par le fait que ces enzymes pourraient permettre de libérer des nutriments dans la nourriture et les aliments pour animaux.

Origine : BE Suède numéro 29 (19/04/2012) – Ambassade de France en Suède / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69770.htm