Maromme, 9,7 MW bois, un réseau de chaleur à l’échelle d’une ville entière

Nous annoncions le démarrage de ce projet dès 2010 avec la signature du contrat de délégation de service public. Cette fois les travaux battent leur plein, et la mise en route de l’installation est prévue pour cette fin d’année 2012.

En 2008, la ville de Maromme s’est donnée pour mission de doter son territoire d’un système de chauffage innovant, respectueux de l’environnement et économique pour les habitants. Dans le cadre d’un contrat de Délégation de Service Public, la Ville de Maromme a confié à Cofely la conception, le financement, la construction et l’exploitation du réseau de chaleur pour une durée de 24 ans. À cet effet, Cofely a constitué la société Maromme Bio Énergie Services, société spécifiquement dédiée au développement et à la gestion du réseau de chaleur de la Ville de Maromme.

Le réseau a été conçu pour profiter au plus grand nombre : 64% des logements de la Ville pourront en effet en bénéficier dès cet automne 2012. De plus, pour une adéquation complète avec les valeurs du développement durable, Monsieur David Lamiray, Maire de Maromme, a souhaité que les particuliers résidant à proximité du réseau puissent s’y raccorder. Pour rendre le service accessible au plus grand nombre, ce raccordement au réseau de chaleur urbain est d’ailleurs gratuit pour tous les Marommais et les Marommaises qui y souscriront avant le 1er juin 2012 dans les conditions techniques prévues au contrat. Les 150 logements individuels actuellement engagés seront raccordés pour la saison de chauffe 2013-2014.

La conception architecturale de la chaufferie réalisée par le Cabinet d’Architectes Atelier des 2 Anges, basé à Petit Quevilly, vise à satisfaire les critères d’insertion et d’intégration environnementaux. La matérialité du bâtiment implanté côte de la Valette, se veut à la fois une réponse au caractère naturel du site et à son rôle de « repère » d’entrée dans la Ville de Maromme.

La possibilité de bénéficier d’un chauffage « vert »

L’utilisation du bois-énergie pour la production de chaleur permet d’offrir aux abonnés un prix très compétitif et soumis à un taux de TVA réduit (5,5%) sur la partie énergie. Dans la durée, la biomasse assure également aux usagers une plus grande stabilité du montant de leur facture, le bois énergie étant une ressource locale. Les frais de transports sont donc réduits.

Enfin, sa structure de coût rend le prix d’énergie utile plus stable. La formule de révision du prix du bois est déconnectée de celle des énergies fossiles. L’utilisation du bois énergie à hauteur de 18 000 tonnes de bois par an, approvisionné localement dans un rayon de 60 km autour de la chaufferie, contribuera également au développement économique local en générant des emplois pérennes au sein des filières de production du combustible bois.

Le recours à une chaufferie biomasse permettra d’éviter l’émission de 10 000 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent selon l’ADEME, des émissions annuelles de 567 ménages.

Innovation et mix énergétique durable

La solution retenue permet de disposer d’un mix (bouquet) énergétique composé à 92% d’énergie renouvelable. Outre le bois-énergie, un système d’hydro-accumulation permettra de stocker l’énergie produite sous forme d’eau chaude lorsque les besoins du réseau seront inférieurs à la puissance fournie par les chaudières bois. Cet équipement permet d’optimiser au maximum la récupération d’énergie et garantit ainsi au réseau urbain un bouquet énergétique fort en énergies renouvelables.
La technique de l’hydro-accumulation consiste à placer en parallèle des chaudières biomasses une réserve d’eau (3 ballons de 100 m3 chacun) dont la fonction principale est de stocker tout ou partie de l’énergie produite par la partie biomasse quand la puissance demandée par le réseau est inférieure à celle produite par ces chaudières et de la déstocker dans le cas inverse.

>> Stockage : le surplus de l’énergie produite par la partie biomasse sera stocké afin d’assurer un équilibre consommation/production.
>> Déstockage : lorsque la puissance demandée par le réseau dépasse la puissance produite par la partie biomasse, l’énergie accumulée va être déstockée.

La chaudière biomasse de puissance est prioritaire, le système de stockage permettra donc de retarder voir même d’empêcher l’enclenchement des autre générateurs. Une prédiction à court et moyen terme de consommation de chauffage permet de gérer le temps de stockage & déstockage.

Les chiffres clés du réseau

Cofely porte l’investissement qui s’élève à près de 25 millions d’euros. L’ADEME subventionne une part de cet investissement.

« Dans le cadre du Fonds Chaleur mis en place dans le cadre du Grenelle de l’environnement, l’ADEME apporte une aide de 7,2 Millions d’Euros à la société Maromme Bio Energie Services, sur un montant d’investissement de 25 M€ HT. C’est une des subventions majeures de l’ADEME au niveau national pour l’année 2011. »

  • 26 km : longueur du réseau à terme
  • 3 000 : équivalent du nombre de logements alimentés par le réseau
  • 20 MW : puissance globale de la chaufferie
  • 9,7 MW : puissance des 2 chaudières bois (2,5 MW et 7,2 MW) le gaz assurant l’appoint et le secours
  • 92 % : part d’énergie renouvelable dans le mix énergétique
  • 18 000 tonnes : approvisionnement annuel en bois-énergie

Le calendrier des travaux

Septembre 2011-juillet 2012 : travaux de réalisation du réseau de distribution sous voirie
Janvier 2012-septembre 2012 : construction de la chaufferie urbaine
octobre 2012 : mise en service de la chaufferie
Saison de chauffe 2013-2014 : raccordement des logements individuels

Pour en savoir plus : maromme.reseau-chaleur.fr