L’ensemble des réseaux de chauffage de la ville d’Orléans va passer à la biomasse

Orléans, photo Frédéric Douard

Alors que le projet de cogénération biomasse sur le réseau de chaleur sud d’Orléans est à peine en train de sortir de terre à la Source (25 MWth), la Mairie d’Orléans dévoile un second projet de chaufferie biomasse, cette fois au nord, offrant ainsi une alimentation plus propre et plus écologique à l’intégralité de ses réseaux de chauffage urbain. Mi-2014, l’ensemble des réseaux de chauffage de la ville d’Orléans passera à la biomasse.

Cette modernisation des réseaux, plus écologique, plus économique, vient d’être votée au dernier Conseil Municipal de la Mairie d’Orléans, le 27 janvier 2012. Comme la première installation, la seconde sera également une installation de cogénération, c’est à dire produisant à la fois de la chaleur et de l’électricité à partir de la biomasse.

Notons une « petite » différence de dispositif de rachat de l’électricité entre les deux projets. Le projet sud a été retenu en mars 2010 lors de l’appel d’offre à projets de cogénération biomasse dit CRE 3. Le projet Nord quant a lui bénéficiera de l’obligation de rachat dont le montant a été réévalué le 27 janvier 2011 par arrêté. Ce tarif dépend de l’efficacité énergétique de l’installation (V), installation qui, sur un réseau de chaleur si elle est bien dimensionnée, se doit d’être très bonne.

Le tarif d’achat de l’électricité se calcule ainsi T = 4,34 + 7,71 + 0,964 * (V-50)/10 c€/kWh, ce qui par exemple avec une efficacité V de 80% donne 14,942 c€/kWhé ou 149,42 €/MWhé.

La filière d’approvisionnement en bois : des solutions respectueuses de l’environnement
L’approvisionnement se limitera à un secteur géographique d’un rayon de 150 kilomètres, offrant le double avantage de faire fonctionner les entreprises locales et de limiter les distances parcourues. Il s’appuie sur trois ressources : la ressource forestière (produits de la sylviculture : bois d’élagage, bois déclassés, taillis,…), les sous-produits issus de l’industrie du bois (scieries, menuiseries : écorces, chutes, plaquettes, …) et les bois recyclés propres (palettes, caisses,…). Les quantités consommées ne font en aucun cas disparaître les forêts : elles contribuent à leur entretien et à leur extension.

Des économies pour les abonnés

La biomasse, énergie renouvelable, offre de par la loi, la possibilité d’une réduction de TVA au taux réduit et garantit ainsi à l’abonné une baisse significative de sa facture.

Par exemple, pour un logement moyen, correctement isolé, de 70 m² la facture tombera de 843€TTC à 604€TTC, soit une réduction de près de 28,5%.

Et pour des factures plus justes, basées sur la consommation réelle, des compteurs d’énergie thermique seront installés directement chez les abonnés, supprimant ainsi la facturation au forfait. Autre avantage, les prix sont indexés sur la filière bois, moins sujette à la tendance inflationniste que nous connaissons, et qui s’aggravera dans les prochaines années, de l’énergie fossile.

La démarche volontariste de la Mairie d’Orléans
La Mairie d’Orléans dispose de deux concessionnaires pour sa gestion du chauffage urbain, l’un au sud, la SOCOS – Société de chauffage d’Orléans La Source filiale de Dalkia, l’autre au nord, SODC – Société orléanaise de distribution de chaleur filiale de COFELY. C’est sous l’impulsion du Député-maire d’Orléans, Serge Grouard, que des négociations ont été conduites afin de voir naitre les deux projets.

Au sud d’Orléans, le chantier du premier projet a débuté après une pose de première pierre en septembre dernier ; la chaufferie sera opérationnelle à la fin de cette année. Sur cette même période, les premiers coups de pelle seront donnés au nord, pour une entrée en fonction de l’installation courant 2014.

Frédéric Douard, Bioénergie International