Des biocarburants à base de bois produits à petite échelle

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68740.htm

L’université technologique de Eindhoven (TU/e) a l’intention de fabriquer des biocarburants à partir de ses propres déchets de bois. Les pompes à essence seront installées sur le campus de l’université. A l’avenir, le personnel sera en mesure de remplir le réservoir de leur voiture avec un mélange d’essence ou de diesel et de biocarburant. Des chercheurs de la TU/e développent actuellement un réacteur de démonstration à petite échelle qui va traiter 40 tonnes de déchets de bois par an qui seront transformés en biocarburant. Avec ce projet, la TU/e vise à démontrer la viabilité de la production de carburant à petite échelle, à partir de ses propres déchets, respectueux de l’environnement et à des prix compétitifs.

Réduction des émissions de suie
Le carburant que l’université souhaite produire est le CyclOx, une variante de diesel brevetée par la TU/e qui réduit les émissions de suie. Un mélange de gazole standard et de CyclOx sera très prochainement disponible à la pompe de la TU / e. L’ajout de 10 pour cent de CyclOx au gazole standard réduit les émissions de suie de près de 50%, comme le signale la recherche récente de Michael Boot, dans le cadre de travaux sur la technologie de combustion conduit par le prof. Philippe de Goey. Le principe du CyclOx, c’est qu’il retarde le début de la combustion, ce qui donne plus de temps à l’air et au carburant diesel de se mélanger. Cela permet un processus de combustion plus propre. En outre, ce carburant répond à la norme prévue par l’UE qui recommande que les carburants contiennent 10% de biocarburants en 2020.

>> Voir une vidéo en anglais : CyclOx: clean and green diesel fuel (Progression Industry)
https://www.youtube.com/watch?v=zzkbqats9kg

En plus du CyclOx, les déchets de bois de l’université – tels que les palettes et les emballages en bois – serviront également à produire d’autres combustibles, y compris de l’éthanol (alcool). Ce service sera offert à la pompe de l’université sous forme de mélange 10% éthanol, 90% essence, que les voitures classiques pourront utiliser sans problème.

« Station-service »
Dans une première phase, l’université installera les pompes à carburant en 2012. Le mélange diesel / CyclOx sera d’abord disponible pour un groupe test sélectionné. En échange de carburant gratuit, ces utilisateurs contribueront à cette recherche en permettant d’évaluer les effets à court et long terme de l’utilisation de ce carburant. Dans cette phase, le CyclOx continuera à être produit à partir d’huile minérale.

Réacteur de démonstration
En parallèle à cette recherche, le groupe de recherche de la TU/e dirigé par le professeur Emiel Hensen (chaire de Chimie des matériaux inorganiques) travaille sur un réacteur de démonstration, capable de convertir les déchets de bois en carburants cités ci-dessus. L’usine devrait être opérationnelle d’ici mi-2015, et devrait approvisionner tous les véhicules et les groupes électrogènes de la TU/e. La production devrait dépasser de loin les besoins en carburant de l’université elle-même, le personnel de la TU/e sera donc largement en mesure de remplir le réservoir de leur voiture à la pompe.

Michael Boot, photo Bart van Overbeeke

Bas prix
Mr. Boot, chef de projet, s’attend à ce que le prix du carburant à la pompe de la TU/e ne soit pas plus élevé que celui d’autres stations, en raison de l’utilisation de déchets de bois. La TU/e doit actuellement dépenser beaucoup pour l’élimination de ces déchets. L’utilisation de ces déchets de bois permettre donc de réduire le prix des combustibles finaux.

Montrer l’exemple
Avec ce projet, l’université espère montrer qu’il est possible de produire au sein de chaque entité des carburants respectueux de l’environnement à un coût compétitif. « J’espère que d’autres universités et institutions suivront notre exemple », explique Michael Boot. « Il est également grand temps pour l’industrie de s’enthousiasmer sur ce projet pilote. Mais nous ne pouvons pas attendre de l’industrie qu’elle adopte notre technologie si nous ne nous montrons pas d’abord l’exemple nous-mêmes. « Le projet a également comme objectif d’utiliser les technologies développées au sein même de l’université pour des études pilotes ou dans le cadre de  » laboratoires vivants « .

Contact : Michael Boot : m.d.boot@tue.nl

Origine : BE Pays-Bas numéro 38 (9/01/2012) – Ambassade de France aux Pays-Bas / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68740.htm