Le Betalcool, un alcool-carburant agricole plus écologique

Betteraves non lavées, photo Frédéric Douard

Produire un alcool carburant à partir de betteraves à sucre. Le procédé est innovant, dans le sens qu’il prévoit la fermentation de betteraves broyées, sans lavage donc pas de station d’épuration et sans passer par la filière sucre classique très énergivore. Cet alcool peut être utilisé comme carburant en mélange avec de l’essence, soit pur. Il peut aussi être utilisé comme combustible pour le chauffage des immeubles ou pour la cuisson.

Le concept du projet « alcool » développé par l’ADER date de 1981, où l’idée consistait à récupérer de l’alcool lors de la première phase de la méthanisation. La distillation de cet alcool aurait été obtenue par l’énergie du biogaz résiduel. Un laboratoire avait été installé à Neuchâtel et des essais de fermentation de topinambours effectués. Du fait des rendements très bas, ces essais ont été abandonnés. Le concept d’une production d’alcool de betteraves, le Betalcool, a été proposé en 2004 et les premiers tests de faisabilité réalisés en automne 2004.

Ce nouveau procédé consiste à élaborer un biocarburant avec le minimum d’énergie grise lors de sa fabrication, en utilisant le biogaz produit par la méthanisation des vinasses pour la distillation et en limitant les transports.

Cette façon d’opérer a l’énorme avantage de ne produire aucun déchet à problèmes, les matières organiques résiduelles, complètement minéralisées après la méthanisation, sont utilisées comme engrais. Le cycle du CO2 est fermé, mais mieux encore, le cycle de l’azote est également fermé.

Tout ce qui a été pris au sol, soit l’eau et les minéraux, est restitué à ce sol. Les matières organiques récupérées pour l’énergie, soit l’alcool et le méthane, sont celles que la photosynthèse a produites lors de la croissance de la plante. C’est là une approche complètement nouvelle, c’est vraiment du développement durable.

Si l’on produit de l’alcool à partir de sucre, l’énergie grise représente les ¾, soit un rendement net de 25% ! Avec le Betalcool, ces valeurs sont inversées.

Principe de production du Bétalcool, schéma ADER.ch. Cliquer pour agrandir

La production
Après avoir été récoltées, les betteraves (non lavées) sont broyées puis fermentées et hydrolysées. Ensuite le produit fermenté est centrifugé pour séparer les résidus de terre et les fibres.
Ces résidus sont méthanisés avec la vinasse, le résidu liquide de la distillation, afin de produire le biogaz, énergie nécessaire à la distillation.
Pour terminer, la rectification peut se faire directement dans une simple colonne à plateaux ou à remplissages de raschig ou autres matériaux. Cette installation travaillant en continu est d’un investissement modeste. L’effluent sortant de la colonne, après récupération de la chaleur, retourne donc dans la cuve de méthanisation. Cet effluent acide ne peut pas être directement épandu dans les champs, du fait de son acidité. Suite à la méthanisation, les mauvaises odeurs sont évitées et le résidu est neutre, parfait pour un épandage.

L’utilisation d’autres biomasses agricoles, notamment les pommes de terre, les déchets de fruits ou autres déchets amylacés, permettent d’utiliser les installations sur toute l’année.

Conclusions

  • Projet conforme aux accords de Kyoto, vrai développement durable
  • Bouée de sauvetage pour l’agriculture
  • Cycle fermé pour le CO2 et pour l’azote
  • Peu d’énergie grise par sa décentralisation
  • Procédé révolutionnaire, par la récupération des énergies du procédé
  • Pas de déchets nuisibles
  • Forte économie d’engrais du fait du cycle fermé de l’azote
  • Garantie du prix agricole
  • Meilleure utilisation de la taxe CO2 (pas d’exportation dans le tiers-monde)
  • Décentralisé, très peu de transports
  • Création d’emplois, notamment pour l’agriculture
  • Sa combinaison avec le Sucroil, un supercarburant 100% bio, l’ADEROIL
  • Meilleure rotation des cultures
  • Indépendance énergétique, produits 100% du pays
  • Procédé pouvant être exporté dans d’autres régions ou pays
  • Procédé polyvalent, plusieurs sources de matières premières

>> Pour en savoir (beaucoup) plus : www.betalcool.ch

Frédéric Douard, Bioénergie International