Recherches sur le biogaz- et le butanol-carburant

Forêt de bouleaux en Finlande, photo Frédéric Douard

Des chercheurs finlandais ont utilisé les déchets et sous-produits industriels pour développer de nouveaux carburants écologiques innovants. Ils ont ainsi étudié le traitement du biobutanol et du biogaz pour les carburants destinés au transport. Selon les experts, le biobutanol peut être produit à partir de sous-produits des industries alimentaire et papetière.

Dans le cadre du programme de recherche SusEn (Sustainable Energy) de l’Académie de Finlande, des chercheurs expliquent que le biobutanol et le biogaz sont des candidats appropriés pour remplacer l’essence comme carburant. Les chercheurs indiquent que le méthane issu du biogaz pourrait également jouer ce rôle.

«Le butanol est une alternative écologiquement rentable, et, tout comme l’éthanol, se prête parfaitement à une production industrielle», commente le professeur Ulla Lassi de l’université de Oulu, en Finlande, qui évalue la valeur du biobutanol en tant que carburant pour le transport.

La production de butanol est un processus microbiologique dans lequel la matière première est transformée en sucre. Des microbes sont utilisés pour décomposer ces sucres. Le produit final est composé de composants de carbone convertis en butanol. En raison de sa forte teneur en carbone par rapport à l’éthanol, le butanol est plus écologique.

Le professeur Lassi et son équipe ont également étudié la production d’éthanol par synthèse chimique, processus qui utilise des matériaux catalyseurs innovants pour convertir les composés tels que le glycérol, le méthanol ou l’éthanol en alcools tels que le butanol, le pentanol et autres mélanges d’alcool. Les experts ont tenté de déterminer s’ils étaient adaptés en tant que carburants liquides.

«L’utilisation de glycérol dans la production de carburants pourrait être relativement écologique, car il s’agit d’un sous-produit du biodiesel», commente le professeur Lassi.

La production microbiologique de butanol reste cependant un processus complexe, notamment en ce qui concerne la digestion de la matière première en sucres fermentables, la fermentation à plusieurs étapes et le rôle des solvants dans le ralentissement du processus de fermentation. Si l’on associe ce dernier facteur à l’instabilité de la production de solvants, une diminution de l’activité microbienne est possible.

«De récentes percées dans les techniques de fermentation de butanol ont partiellement résolu ces problèmes», commente la scientifique danoise. «Toutefois, si nous voulons produire de nouveaux carburants liquides, il nous faut de nouvelles voies de synthèses chimiques et de développement de catalyseurs.»

Des experts de l’Åbo Akademi ont également contribué à cette étude.

Dans le cadre du programme SusEn, une autre étude a également étudié l’utilisation de biogaz en tant que carburant. En collaboration avec des collègues chiliens, des chercheurs finlandais ont évalué la transformation de gaz de décharge en carburant.

«Ces dernières années, l’intérêt pour l’utilisation de la technologie du biogaz par l’exploitation de sous-produits industriels pour des besoins énergétique a considérablement augmenté», explique le responsable du projet, le professeur Jukka Rintala de l’université de Jyvaskyla en Finlande. «Certains pays ont d’ores et déjà introduit cette technologie à grande échelle», ajoute-il.

«Le biogaz produit par ce processus est une source d’énergie polyvalente. Il peut être utilisé pour le chauffage et la production d’électricité, peut être transformé en carburant pour véhicule ou encore intégré dans le réseau de gaz naturel. De plus, le matériau résiduel, le digestat, du processus peut être utilisé en tant qu’engrais ou d’amendement du sol.»

Pour de plus amples informations, consulter: