Le poids économique de la biomasse solide en Europe

La dixième édition du bilan EurObserv’ER dresse un état des lieux des filières biogaz en Europe avec 27 pays passés à la loupe, avec des analyses précises pour quelques pays marquants comme  l’Allemagne, la France ou la Suède.

Les données socio-économiques concernant les technologies liées à la biomasse solide sont moins fiables que celles en provenance d’autres secteurs, notamment pour les chiffres relatifs à la chaleur générée. Mais les retombées de l’énergie tirée de la biomasse solide s’observent à différents niveaux de la chaîne de valeur énergétique, depuis la récolte et l’approvisionnement en biomasse, la fabrication de matériel pour la transformation du bois, jusqu’à l’installation de centrales biomasse et leur exploitation. La filière de la biomasse présente une autre  caractéristique : ses retombées socio-économiques se produisent dans des régions faiblement industrialisées. Par nature, l’agriculture et la foresterie s’appuient sur des PME de taille relativement modeste. En termes de valeur économique et d’emploi, cette filière contribue non seulement à une part importante de l’approvisionnement en électricité et en chaleur renouvelable, mais c’est également l’un des secteurs majeurs des énergies renouvelables en raison de son fort coefficient de main-d’œuvre. Globalement, EurObserv’ER évalue le chiffre d’affaires de la filière européenne à plus de 26 milliards d’euros et l’emploi à près de 300000 personnes. Les principaux pays sont tout naturellement les pays scandinaves, tandis que d’autres comme l’Allemagne, la France ou l’Autriche bénéficient également d’un important secteur manufacturier, dont la production est destinée à l’industrie énergétique.

>> En Allemagne, la biomasse représente une part importante du secteur des énergies renouvelables. Dans sa réévaluation des impacts socio-économiques, et suite à une forte baisse des  investissements dans les installations de biomasse en 2008 (-22 %), AGEE Stat a observé une augmentation d’environ 60 % de ces mêmes installations en 2009, celles-ci atteignant alors un nouveau pic. Néanmoins, le secteur de la distribution est inégal. L’investissement dans les applications de chaleur a connu une baisse d’environ 13 %. En revanche, les installations de production d’électricité à partir de la biomasse ont augmenté considérablement, suite à l’amendement de la loi sur les énergies renouvelables (EEG). Globalement, AGEE Stat évalue la filière allemande à 79 100 emplois en 2009, dont 31 500 dans l’approvisionnement en biomasse ; c’est un niveau presque identique à celui de l’année précédente.

>> La biomasse solide occupe une place centrale dans l’équilibre énergétique de la France, premier pays agricole d’Europe. Le segment du chauffage domestique, soutenu par des mesures fiscales incitatives, a jeté les bases d’une solide croissance socio-économique, avec environ 480 000 appareils de chauffage individuel au bois vendus en 2009. De plus, le programme national “Fonds chaleur” principalement axé sur ce secteur, favorise le développement des installations de chauffage pour l’habitat collectif et les entreprises. En termes de valeur économique, la filière de la biomasse solide et les activités connexes représentent un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros pour approximativement 60 000 emplois.

>> Pour la Suède, l’institut de statistique SCB a évalué le chiffre d’affaires du secteur de la biomasse-énergie à plus de 5 milliards d’euros. Conformément aux observations des années précédentes, 2009 a vu une croissance légère mais continue de la production énergétique. Pour les pays scandinaves, il faut également prendre en compte le secteur très évolué de la foresterie et de la machinerie pour la récolte et le traitement du bois, bien que celui-ci recouvre également des usages non énergétiques de la forêt. EurObserv’ER évalue le nombre d’emplois à 25 000 personnes.

De nombreux pays de l’Union européenne baseront leurs plans d’action pour 2020 sur le développement de la filière biomasse solide. À l’avenir, des pays comme la Roumanie, la République tchèque ou la Pologne devraient améliorer les indicateurs économiques et énergétiques relatifs à ce secteur.

>> Retrouver ces informations dans l’État des énergies renouvelables en Europe, Ed. 2010

Frédéric Douard, Bioénergie International

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