Le hangar à plaquettes de Trélex en Suisse romande

Le hangar de Trélex, photo envar

La construction du hangar à plaquettes forestières intercommunal est issu d’un projet réunissant dix-huit communes du canton de Vaud, sur le versant suisse du Jura, au nord de Genève, et associées sous le nom de l’ACP-Trélex. La volonté de ces communes était simplement de valoriser leur bois comme énergie, et en utilisant bien sûr également leur bois pour stocker leur biocombustible.

Le hangar et son stock en bois rond, photo envar

Le hangar est construit en rondins de bois provenant des forêts environnantes. Sa structure se compose de sept chevalets «géants» auto-contreventés et qui forment deux silos d’une capacité totale de 3’500 m3 de plaquettes. Ce contenant et ce contenu constituent une démarche globale écologique et durable, et menée en coopération pour en optimiser l’efficacité économique.

L’association ACP Trélex est composée de 12 communes membres et de 6 communes partenaires. Le fonctionnement est assuré par deux gardes-forestiers :

  • M. François Mathey du triage de la Dôle responsable pour la réception du bois.
  • M. Daniel Kolly du triage Givrins-Genolier responsable pour la fourniture des plaquettes.

L’achat du bois se fait à la tonne livrée sur place. La vente des plaquettes se fait également à la tonne mais chargée départ hangar (sans la livraison). La structure dispose également de clients privés à un tarif différent.

Ce couvert peut stocker jusque 3500 m3 de plaquettes forestières à la fois, avec la possibilité de 3 remplissages annuels, ce qui permet de fournir jusqu’à 10’000 m3 de plaquettes annuellement,  composées de 1/3 de résineux et 2/3 de feuillus, représentent l’équivalent de 920’000 litres de mazout. Aujourd’hui, il est déjà envisagé de doubler la capacité du bâtiment car la demande a fortement augmenté ces dernières années avec le succès de cette énergie indigène.

Petit récit de la construction

Le hangar fût inauguré le 1er décembre 2007. Pour sa construction, et l’abattage des bois a été réalisé à des dates précises afin de respecter le calendrier lunaire forestier du Dr Gottfried Briemle. L’abattage des sapins blancs a donc eu lieu du 24 septembre dès 13 heures au  26 septembre 2007 à 11 heures. En respectant cela, le bois de construction ne travaille pas, il garde son volume et surtout il est très résistant à la pourriture et à l’attaque des insectes. On peut ainsi éviter l’utilisation de produits de protection.

Les billes ont été triées et stockées en fonction de leur utilisation, photo ACP Trélex

La coupe de régénération et de mise en lumière comptait 70 tiges pour un volume d’environ 275 m3 sur pieds. Elles ont été débitées en longueur dans la forêt selon la liste nécessaire pour la réalisation de la charpente. Dès le 8 octobre, une fois que le bétail eu quitté le pâturage pour rejoindre la plaine, tout le bois a pu être débardé et stocké en bordure des chemins forestiers.

Le 11 octobre tous les bois ont été écorcés en quelques heures en forêt. Dès le 15 octobre, les poteaux et les arbalétriers ont été livrés directement à l’entreprise de charpente. Ces premières livraisons représentaient un volume de près de 100 m3 de bois vert pour un poids de 95 tonnes. Le solde du bois écorcé en forêt a été transporté à la scierie pour le débitage des pannes et des plateaux pour les parois. Ces dernières livraisons représentaient un volume de près de 150 m3 de bois vert pour un poids de 142 tonnes.

Montage de la charpente, photo ACP Trélex

Sur le chantier du bâtiment, le terrain se prépare et suite à la décision d’installer un pont bascule pour peser les camions, on creuse, on bétonne le radier et coule la dalle et ses murets. Dès le 24 octobre, la charpente peut commencer à être livrée. Le 29 octobre, le levage de la charpente peut commencer.

Cet ouvrage construit dans la ligne du développement durable par une association de communes est une magnifique réussite. Ces gros sapins blancs difficilement commercialisables, représentant 220 m3, ont ainsi pu être très bien valorisés. Avec les 210 tonnes qu’ils représentent à l’état vert, environ 85’000 litres d’eau vont tranquillement s’évaporer  pendant plusieurs années. Une fois à l’état sec, ce bois gardera tout de même environ 17% d’humidité.

La forêt suisse produit en moyenne annuelle 18 m3 par minute, le bois utilisé pour cette construction, (275 m3 sur pieds) qui a mis 150 à 200 ans à pousser, représente 15 minutes de la production suisse. Le bois de cette construction stocke environ 156 tonnes de CO2, ce qui équivaut à la combustion de 59’000 litres de mazout.

Le premier déchiquetage, photo ACP Trélex

Le message des promoteurs est qu’il faut d’abord construire en bois et ensuite chauffer au bois. Et surtout ne pas laisser mourir le bois dans la forêt car il libère inutilement du CO2.

Frédéric Douard, Bioénergie International à partir des sources suivantes :

 

Frédéric DOUARD

Frédéric DOUARD : rédacteur en chef du magazine Bioénergie International, animateur du Portail francophone des bioénergies. Pour me contacter : fdouard arobase bioenergie-promotion.fr

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1 réponse

  1. 2 mai 2014

    […] un hangar de almacenamiento compartido por varios municipios del Alto Jura, en Francia, siguiendo el modelo de otro grupo de municipios suizos.  De esta forma han creado un marco favorable a la utilización […]